Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 23

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Editorial

Edito n°23

par Gilles Pialoux

C'est l'un des éléments fondateurs de Swaps et de son contenu éditorial que parmi les retombées de 20 années de lutte contre le sida figure la mise en place des politiques actuelles de réduction des risques et d'études en sciences sociales spécifiques des usagers de drogues. En filigrane de ces indiscutables progrès, apparus dans le sillage du combat contre le VIH se pose la question, plus spécifique, plus lancinante aussi, de l'arsenal législatif. Législatif si l'on se réfère au contenu de la loi du 31 décembre 1970. Il apparaît ainsi aujourd'hui clairement qu'il est plus rapide de changer les habitudes biomédicales que les lois.

A plusieurs reprises, notamment en période électorale municipale - si propice aux déclarations d'intention (voir Swaps N°20) - et tout récemment avec l'interview du procureur de la République de Nice, Eric de Montgolfier, nous avons posé la question de l'(in)adéquation entre ce dispositif juridique et la situation actuelle, sanitaire et sociale, des consommateurs dépendants de drogues. Même si des pas importants ont été accomplis avec la circulaire de juin 1999.

Dans un registre certes plus consultatif le Conseil national du sida (CNS) a rendu récemment un rapport qui devrait déranger quelque peu le législateur. C'est donc naturellement que nous avons demandé à l'un des maîtres d'œuvre dudit rapport, Alain Molla, avocat pénaliste, acteur reconnu de la lutte contre le sida et, par ailleurs, membre actif du CNS, de nous exposer - assez longuement mais le sujet s'y prête - comment cette institution entend faire date afin que légalement "le fait de consommer un produit stupéfiant ne soit plus susceptible d'être puni en soi". A l'évidence, le CNS dans son rapport a mis la barre assez haut puisqu'il s'agit là de "faire évoluer les préjugés de notre société à l'égard des usagers de drogue et la méconnaissance des problématiques liées aux consommations". C'est dire si la tâche est ardue.

 

*La rédaction en chef de Swaps remercie nos ami(e)s de Libération de nous avoir suivi en reproduisant un entretien similaire quelques jours après la sortie de Swaps et d'avoir jugé Swaps suffisamment visible pour ne pas devoir être cité.