Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 22

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Edito n°22

par Gilles Pialoux

S'il est, dans le paysage de la toxicomanie à la française, un élément qui interpelle tout autant le juriste,le policier, le soignant, le milieu associatif et ... l'usager c'est bien la loi du 31 Décembre 1970 associant usage de stupéfiants et délit. Un association usage-délit si prégnante finalement qu'il est d'usage -si l'on peut dire- d'assimiler loi de 7O et obstacle patent à la réduction des risques. Et plus globalement à une prise en charge sanitaire -et pas seulement répressive- des usages de drogues. Les réalités de terrain, si ce ne sont les consciences, ont pourtant formellement bougé depuis la circulaire de juin 1999 relative aux réponse judiciaires à apporter aux toxicomanes.Une circulaire venue finalement infléchir le texte de 1970.

L'occasion pour Swaps d'ouvrir le dossier et de faire le point sur cette réponse juridique liée à la loi de 1970. Est-elle autre chose qu'une loi exsangue par temps de sida, d'hépatite C et d'overdoses qui necessitent une réponse sanitaire et sociale à l'usage de drogues? Pourquoi est-elle le marronnier de nombre de campagnes électorales où l'on préfère finalement l'ordre public à la santé du même nom? Une loi en tout état de cause que le procureur de la république de Nice, Eric de Montgolfier, qualifie dans l'interview accordée au Dr Brigitte Reboulot "d'inadaptée à la situation actuelle " et portant en son sein "le péché originel" pour ne pas avoir distingué le malade du délinquant. Sur ce thème, on se rapportera aussi au texte de Marie-Danièle Barré en exergue d'une intéressante enquête du TGI de Bobigny datant certes d'avant février 1997 (document OFDT/CESPID publié en 2001).

L'ocasion ainsi pour Swaps d'apporter sa réflexion au débat. Pour que la justice ne soit pas, en matière de toxicomanie, le cache-misère d'un dysfonctionnement social?