Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 20

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Paris

Jean Tiberi (DVD)

par La Rédaction

Malgré nos insistantes demandes moult fois réitérées, l'équipe de campagne du maire sortant de Paris n'a pas souhaité répondre directement, comme les autres candidats, aux questions de Swaps. En ersatz, voici le bilan de (et par) la mairie de Paris en termes de réduction des risques...

Parce que la position du politique sur la réduction des risques ou sur une éventuelle opposition entre cadre législatif et santé publique est au centre du débat sur les relations entre Drogue et Cité, nous avons demandé aux principaux candidats de deux grandes villes (4 à Paris et 2 à Nice) de répondre à nos questions. Des questions simples pour des réponses,.pour la plupart, limpides, à l'exception d'une équipe de campagne à Paris.

Présentation de l'action
Bien que la lutte contre la toxicomanie ne relève pas des compétences propres du département mais de celles de l'Etat, le département participe activement à cette action depuis plusieurs années.
De 1995 à 2001, cette action s'est intensifiée dans trois directions: l'information et la prévention, la réduction des risques de contamination au VIH et aux hépatites, l'accueil et l'accompagnement social des usagers de drogues.

Données épidémiologiques
La situation de la toxicomanie a évolué pendant la mandature et se caractérise actuellement par la diminution de la consommation d'héroïne et une diversification de la toxicomanie à Paris et en France. Toutefois, la concentration d'injecteurs de drogues demeure élevée à Paris (environ 40.000 injecteurs de drogues héroïnomanes sur 160.000 dans toute la France).
D'autres toxicomanies se développent à Paris sans qu'on ait de chiffrage précis: importante augmentation de l'usage du cannabis, notamment chez les jeunes adultes, incidence croissante des polytoxicomanies médicamenteuses; diffusion du crack, cocaïnomanies, arrivée de l'ectasy et d'autres hallucinogènes.
Bien que le nombre de cas de sida déclarés annuellement chez les usagers de drogues par voie intraveineuse diminue régulièrement à Paris, la proportion de personnes contaminées par injection reste relativement stable (environ 20 % des cas de sida en 1999). En outre, la situation demeure très préoccupante en ce qui concerne l'hépatite C. Le taux de prévalence est très élevé et s'échelonne entre 40 % et 90 %.

Cadre juridique de cette action:
Une convention a été signée le 19 mars 1996 avec l'Etat sur la prévention, le dépistage et l'accompagnement social des personnes atteintes d'infection à VIH et des usagers de drogues.

Nature de l'action
a)Faciliter l'accès des usagers de drogues par voie intraveineuse aux seringues stériles pour éviter le partage des seringues:
- en augmentant à Paris le nombre d'appareils distributeurs de seringues;
- en apportant une aide aux associations qui conduisent un programme d'échange de seringues.
b)Prendre en charge la collecte et le ramassage des seringues usagées;
c)Soutenir des actions d'information et de prévention des associations menées en milieu scolaire, dans les structures locales au contact des jeunes, auprès des jeunes et des parents
d)Participer au financement de l'accueil et de l'accompagnement social de toxicomanes précarisés dans les centres de traitement par la méthadone et les centres d'accueil et de suivi social.

Bénéficiaires / résultats
a) Réduction des risques. Le parc d'automates distribuant des seringues stériles 24 h sur 24 et récupérant des seringues usagées a fortement augmenté pendant la mandature et a été étendu à plusieurs arrondissements. En 1995, on comptait à Paris deux échangeurs-récupérateurs de seringues. Actuellement, 17 appareils sont en fonction à Paris: 8 distributeurs couplés à 8 récupérateurs de seringues auxquels s'ajoute un récupérateur de seringues isolé. Ce dispositif concerne les arrondissements suivants: le 1er, le 10e, le 13e, le 18e, le 19e, et le 20e. En 1999, le nombre de seringues stériles distribuées dans le cadre de la convention liant le département et l'Etat a atteint 56 596 et le nombre de seringues usagées échangées 28 000. Par ailleurs, le département apporte depuis 1997 son soutien au Programme d'échange de seringues de l'association "Espoir Goutte d'Or" qui accueille en soirée des usagers de drogues très marginalisés fréquentant le quartier de la Goutte d'Or. En 1999, la fréquentation, déjà très soutenue de ce programme, a encore augmenté, atteignant 1 928 personnes.
b) Collecte des seringues usagées. Chaque année, le Service municipal d'actions de salubrité et d'hygiène (SMASH) récupère plus de 300 000 seringues usagées à Paris qui sont ensuite décontaminées et détruites.
c) Prévention de la toxicomanie. Un effort particulier d'information et de prévention de la toxicomanie a été mené auprès des jeunes d'âge scolaire et des adultes de leur entourage (parents, éducateurs, médecins, travailleurs sociaux).
Cet effort se traduit
- Par la participation à la campagne d'information menée dans les collèges et les lycées par le Rectorat de Paris et la diffusion de brochures ciblées à l'intention des jeunes "cannabis danger" et "ectasy danger". Cette campagne qui a touché environ un tiers des collèges parisiens jusqu'en 1998, a été redéfinie, les actions de prévention étant désormais laissées à l'initiative des différents établissements scolaires. Pour répondre à cette demande, l'Equipe mobile de prévention santé (EMIPS), équipe interdisciplinaire de terrain appartenant à la DASES a effectué en 1998-99, 551 interventions;
- Par le soutien apporté à plusieurs associations qui mènent une action d'information et de prévention de la toxicomanie auprès des jeunes, des familles et des éducateurs. L'association "Drogue et jeunesse-Centre Didro" qui anime un pôle de ressources sur les toxidépendances, unique à Paris, le centre de "Parenthèse" de l'association "Sos Drogue international", "Point écoute parents" informant et conseillant les parents et proches confrontés au risque ou à la réalité de l'usage de drogues chez les jeunes.
L'année 1999 a été le point de départ d'une extension de la prévention de la toxicomanie à l'ensemble des comportements à risques des adolescents.
L'association "La corde raide", surtout connue pour son action de soutien auprès d'usagers de drogues connus des services de justice, a passé une convention avec le département pour sa nouvelle action de prévention des conduites à risques des jeunes en 2000.
d)L'accueil et l'accompagnement social des usagers de drogues en situation précaire
Le département apporte son aide à plusieurs associations menant une action d'accueil et d'orientation d'usagers de drogues particulièrement désinsérés:
- l'association "Siloe" accueille et oriente des adultes toxicomanes en errance dans le quartier de Pigalle; en 1999, cette association a reçu 264 personnes.
- le centre de l'association "Horizons" accueille et soutient des parents ou futurs parents toxicomanes et leurs jeunes enfants, qui y bénéficient d'un accompagnement adapté, entièrement pris en charge par le département; cette structure suit environ 200 familles par an;
- l'association "Aux captifs la libération" mène une action de prévention et d'accompagnement sanitaire et social en gagnant la confiance des personnes vivant dans la rue à Paris. En 1999, elle a établi un contact avec plus de 3 400 personnes dont 28 % ont entamé une démarche d'insertion.

Depuis 1996, l'accompagnement social des patients qui suivent un traitement de substitution sous méthadone dans 5 centres spécialisés, est pris en charge par le département. La stabilisation procurée par le traitement est favorable au démarrage d'un processus de réinsertion et donne de bons résultats (cessation de la délinquance, accès à une couverture sociale, à des ressources stables, à l'hébergement, à la formation professionnelle). Le nombre de bénéficiaires approche les 600 environ. Sur ce nombre, la proportion d'allocataires est importante, allant de 30 à 50 % suivant les centres.