Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 20

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Paris

Bertrand Delanoë (PS): "L'évolution des lois doit accompagner celle des connaissances"

par La Rédaction

Parce que la position du politique sur la réduction des risques ou sur une éventuelle opposition entre cadre législatif et santé publique est au centre du débat sur les relations entre Drogue et Cité, nous avons demandé aux principaux candidats de deux grandes villes (4 à Paris et 2 à Nice) de répondre à nos questions. Des questions simples pour des réponses,.pour la plupart, limpides, à l'exception d'une équipe de campagne à Paris.

Drogues licites, drogues illicites: selon vous, quelle différence?

Tout d'abord, cela va de soi, c'est une question de statut légal. Certaines drogues sont autorisées (alcool, tabac, médicaments), quand d'autres sont interdites (cannabis, héroïne, ectasy, cocaïne,…). J'ai connaissance d'études qui montrent que certaines drogues qui sont interdites (en particulier le cannabis) ne seraient pas forcément plus nocives pour la santé que d'autres qui sont autorisées (surtout l'alcool et le tabac). Ceci confirme que le caractère autorisé ou interdit d'une substance ne repose pas exclusivement sur des considérations sanitaires: il y a des raisons culturelles, économiques, historiques, géopolitiques, qui font que, par le passé, certaines substances ont été prohibées et d'autres autorisées.

Existe-t-il, dans votre ville, des structures bas seuil (boutiques)? Qu'en pensez-vous? Souhaitez-vous les développer et comment comptez-vous vous y prendre avec le voisinage?

Je suis élu du 18ème arrondissement de Paris. Dans cet arrondissement, il y a deux structures dites "bas seuil": un sleep-in et une boutique, et plusieurs centres de soins spécialisés pour toxicomanes. J'ai toujours soutenu l'implantation de ces structures, même si j'ai pu comprendre l'exaspération des riverains dans cet arrondissement fortement touché par la drogue quand certains usagers de ces lieux d'accueil ne respectaient pas leur environnement. C'est pourquoi nous avons mis en place, il y a deux ans dans le 18ème, une équipe de rue chargée de favoriser la concertation entre les habitants et les toxicomanes qui s'y trouvent, mais nous refusons de céder aux pressions qui ont pour but la fermeture de ces structures. Notre politique vise donc à permettre que les toxicomanes trouvent les lieux d'accueil et de soins dont ils ont besoin, tout en favorisant au maximum le dialogue et la médiation avec les riverains. Enfin, s'agissant de l'ensemble de la capitale, je souhaite que les centres de soins et d'accueil pour toxicomanes soient répartis de manière plus harmonieuses entre les différents arrondissements, toujours en concertation avec les élus et les habitants.

Enfin, en tant qu'élu, pensez-vous qu'il faille modifier la loi de 1970 ?

Je suis candidat à une élection municipale et, à ce titre, la modification de la loi de 1970 n'est pas ma priorité. Pour ne pas éluder votre question, je répondrais cependant que l'évolution des lois doit pouvoir accompagner celle des connaissances scientifiques et des pratiques sociales. Dans cette perspective, le moment venu, je ne verrais pas d'inconvénient à ce que l'on étudie la question de la dépénalisation de l'usage du cannabis.