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SWAPS nº 1

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Les techniques de substitution au quotidien

Comment gérer la méthadone pendant la grossesse

par Michel Gandilhon

L'article suivant est tiré du Methadone MaintenanceTreatment, recueil de conclusions fondées sur trente ans d'expériences américaines en matière de traitement à la méthadone. Ce manuel est édité sous l'égide du National Institute on Drug Abuse, du National Institute of Health, et du USPublic Health Service.

La dose optimale de méthadone, pour les femmes enceintes pendant un traitement par substitution, doit être fondée sur une appréciation attentive, au cas par cas, des risques et des bénéfices pour la mère et le foetus. L'évaluation du dosage individuel doit se faire en prenant en considération le degré d'avancement de la grossesse, la dose de méthadone précédent celle-ci, le risque potentiel de rechute, les expériences passées avec le produit et les tentatives antérieures de sevrage.
En l'absence de consommation d'héroïne pendant la grossesse, des diminutions des doses, pendant un court laps de temps, ont été effectivement pratiquées pendant le dernier stade. Cependant, beaucoup de femmes en traitement ont été maintenues à des doses constantes et, dans certains cas, à des doses croissantes afin de garantir une stabilité du niveau de méthadone dans le sang tout au long de la grossesse (Finnegan 1991).

Chez certaines femmes, la baisse du taux sanguin de méthadone est susceptible de provoquer des symptômes de manque. Cette baisse peut s'explique par l'accroissement, au cours de la grossesse, de "l'espace liquidien", une sorte de réservoir tissulaire qui peut accumuler la méthadone, et par le métabolisme foeto-placentaire. Les femmes enceintes avec de faibles concentrations de méthadone dans le sang vivent un désagrément certain -symptôme de manque, grand besoin de drogues, angoisse- et risquent grandement de retomber dans la consommation d'opiacés, avec tous les risques d'abandon du traitement que cette situation implique. A partir de la détermination du niveau de méthadone dans le sang, la possibilité d'augmenter le dosage, pour obtenir des niveaux suffisants, peut se justifier en pareils cas mais doit être évaluée avec beaucoup d'attention. L'évaluation du dosage de la méthadone doit être faite conjointement avec le suivi médical de la grossesse. Dès lors que les plus grands risques, pour la santé de la mère et de l'enfant apparaissent quand les femmes en traitement se remettent à consommer de l'héroïne, il est important d'assurer la stabilité du taux plasmatique de méthadone pendant -et après- la grossesse, afin de garantir une meilleure santé de la mère et de l'enfant.

Question de dose

Est-il indispensable de diminuer les doses de méthadone ou de désintoxiquer de la méthadone les femmes enceintes afin de protéger le foetus ?

Des femmes enceintes ont pu être maintenues à une dose stable de méthadone sans effets négatifs sur leur santé et celle de leur enfant à naître. Les changements de doses pendant la grossesse doivent être soigneuseument évalués sur une base individuelle. Les femmes qui, du fait de leur grossesse, connaissent une baisse du taux de méthadone dans le sang, auront probablement besoin d'une augmentation des doses prescrites. Il est important, quant on envisage un changement de dose, de déterminer le risque de rechute pour chaque sujet, en considérant que les femmes régulièrement maintenues à la méthadone ont plus de probabilités de vivre une grossesse sans problèmes que celles qui prennent de l'alcool ou d'autres drogues.
Les périodes de manque, qui apparaissent lors de l'usage d'opiacés illicites et qui sont susceptibles d'affecter le foetus, sont évitées quand les doses de méthadone sont déterminées individuellement et administrées à bon escient.