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SWAPS nº 1

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La place du Pharmacien

Délivrance du Subutex

par Jean Lamarche et Richard Swaenepoel

La difficile application de la règle de sept

La buprénorphine haut dosage(subutex® possède un statut particulier. Classé sur la liste 1 des médicaments prescrits et délivrés sur ordonnance, il est soumis aux règles de prescription et de délivrance des stupéfiants (carnet à souches). Ce double statut pose un problème pour les pharmaciens car chaque boîte de Subutex®, quel que soit le dosage, contient sept comprimés. Or, certains médecins prescrivent le produit pour une période qui ne concorde pas forcément avec le contenu des boîtes.

Que faire, donc, lorsque l'ordonnance mentionne une quantité de comprimés assez éloignée d'un multiple de sept?
Quelle législation doit on suivre?

Celle de la liste 1 (liste d'inscription de la buprénorphine), qui interdit de déconditionner les spécialités pharmaceutiques, ou celle des stupéfiants qui autorise le déconditionnement et la facturation partielle des unités de conditionnement?

Dans ce cas de figure, il est nécessaire d'étudier quelle était l'intention du prescripteur. Il est évident qu'un travail de réseau entre médecins et pharmaciens facilite la prise de décision (connaissance du prescripteur et de ses pratiques, proximité de communication...) mais, si ces conditions ne sont pas remplies, plusieurs attitudes sont possibles :

  1. En cas de prescription très courte (0 à 2 jours) chez un patient de passage ou inconnu à ce jour, il s'agit probablement d'une prescription faite dans le but d'éprouver ia tolérance et l'efficacité du traitement et d'éviter de mettre à la disposition du toxicomane une quantité trop importante de Subutex®. Tout le monde comprendra que l'attitude logique est de délivrer la quantité juste nécessaire. Une autre possibilité pour le prescripteur est d'utiliser les dosages plus faibles pour adapter sa posologie.
  2. En cas de prescription pour 8 jours, la démarche la plus adéquate consiste à discuter avec le médecin sur le fait que, compte tenu de la contenance des boîtes (7 comprimés), il est préférable de faire des prescriptions adaptées.
  3. En cas de prise en charge suivie d'un patient toxicomane et d'un reliquat de prescription, il est possible de garder ce reliquat pour de futures prescription du même patient.
  4. En cas de démarrage d'un traitement, la quantité supplémentaire peut être mise de côté, au nom du patient, pour ajuster une future prescription.

Voilà quelques avis susceptibles d'aider le pharmacien, mais qui ne peuvent pas, cependant, remplacer le contact direct avec le prescripteur.