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SWAPS nº 19

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Reportage

Chez Madame Ninine

par Antonin Baudry et Didier Jayle

Dita Von Teese et Christian Louboutin Dans cette gamme à la fois glamour et rétro, on retrouve donc un soutien gorge,louboutin pas cher des culottes, une guêpière ainsi que des porte jarretelles. Autant de pièces fabriquées en soie italienne, ornées de dentelle noire, d'imprimés Louboutin et de cristaux Swarovski. Oui, rien que ça. Les imprimés en toile de Jouy dessinés par le créateur montrent notamment des scènes de spectacles burlesques et les célèbres chaussures. A noter toutefois que cette collaboration a un prix. En effet,louboutin pas cher les pièces "XXXtian" vont de 104,90 pour la culotte à 899,90 pour l'ensemble déshabillé noir/blanc. Alors, qu'en pensez vous ? Nous à la rédac', on adore ! Les plus récentesPire look de la semaine : Mariah CareyVictoria's Secret : Bientôt un top plus size parmi ses Anges ? Jane Birkin demande à Hermès de débaptiser le sac BirkinLes plus partagéesLes princesses Disney ont inspiré ces robes de mariéeDes mannequins grande taille donnent des leçons de confiance en soiSe teindre les poils des aisselles, nouvelle tendance beauté Les plus vuesPippa Middleton so chic au baptême de la princesse Charlotte (Photos)Kate Middleton sportive pour sa première sortie officielle depuis son accouchement (Photos)Kendall Jenner et Lily Rose Depp,abercrombie pas cher vedettes du défilé ChanelForumsMarques, bons plans, codes réduc, échantillons ModeReunions de consommatricesDiscussionsTester des produits et donner son avis pour gagner des cheques cadeaux et des cadeaux!Où trouver un sac original?Sacs pas cher???

La Guadeloupe est balayée par les vents qui n'effacent pas l'histoire: l'esclavage,la révolte, la liberté encore frêle, l'ambigu rapport avec la France métropolitaine ; par les vents du trafic aussi, qui partent d'Amérique du Sud pour gagner les Etats-Unis. Portrait de Madame Ninine qui, avec le Jaricot, a créé le premier centre d'hébergement d'urgence des toxicomanes de l'île.

En Guadeloupe, l'activité économique locale reste cantonnée au sucre, au rhum et au tourisme. Pas d'investissements industriels, malgré les capitaux métropolitains avides de défiscalisation qui ont surtout rendu les loyers chers, aussi chers à Pointe-à-Pitre qu'à Paris. A part le rhum, la cigarette et l'essence, tout est plus cher qu'en métropole.

Cannabis, alcool et "black joints"

En Guadeloupe, les drogues sont là, sous la main. Le cannabis et l'alcool circulent librement chez les jeunes, au point que des associations sportives organisent des week-ends sans alcool. Les représentations sont encore vagues et la prévention quasi-inexistante. Profitant de cet état de fait, il arrive que des dealers introduisent un peu de crack dans les joints qu'ils vendent, à l'insu des consommateurs. Ces "black joints" font une transition entre le cannabis et le crack.
Le crack est sorti des laboratoires des trafiquants de drogue il y a une vingtaine d'années, issu de la recherche de nouveaux marchés pour la cocaïne qui ne parvenait plus à entrer aux Etats-Unis. Le nouveau débouché, c'était les plus pauvres, ceux qui ne pouvaient pas se payer un rail de cocaïne, avant tout les habitants des îles de la Caraïbe. Le plan des narcotrafiquants a fonctionné : dès la fin des années 80, le crack était partout dans ces îles. En Guadeloupe comme en Martinique, le crack est devenu une réalité, ancrée par le même nom dans la géographie des deux îles: la "Mangrove", c'est-à-dire le marais en créole, espèce de no man's land au milieu de la ville, épicentre du deal de crack.
Mais aujourd'hui, en Guadeloupe, peu d'offre de soins pour les "crackers", en dehors d'un service hospitalier connu pour l'accueil des alcooliques.
En 1992, un jeune cracker, Franck, échoue dans un terrain inoccupé d'un des nombreux quartiers pauvres aux airs de bidonville qui entourent le centre de Pointe-à-Pitre. La propriétaire du terrain, Madame Ninine, lui propose de rester dormir et, apprenant qu'il est menuisier de formation, lui donne de quoi acheter des planches et se construire un abri. Très vite, d'autres sans-abri rejoignent Franck. A mesure que les cabanes se construisent et s'élèvent du sol, le projet de vendre le terrain est enterré.

"Je suis faite pour aimer et pour agir"

Madame Ninine donne alors un nom à ce qui est devenu le premier et reste actuellement le seul centre d'hébergement d'urgence des toxicomanes de la Guadeloupe: le Jaricot, du nom d'une femme lyonnaise du XIXe siècle qui s'est consacrée à la réinsertion par le travail des ouvriers du textile. Mue par sa foi, Pauline Jaricot disait: "Je suis faite pour aimer et pour agir. Mon cloître, c'est le monde." Comme elle, Mme Ninine est catholique. Et comme elle, elle se tient à l'écart de toute tentation dogmatique mais aussi de l'inutilité de toute forme de prosélytisme. Vis-à-vis des sectes, nombreuses à venir faire chanter leurs sirènes auprès des jeunes en difficulté, Mme Ninine fait confiance à ses pensionnaires: "Vous savez, il y en a qui viennent pour aider ces jeunes et je cherche à ce que chacun ait un tuteur, si possible dans le voisinage; mais s'ils viennent pour les amener dans une secte, les jeunes le sentent bien, ils comprennent vite, ils ne se laissent pas faire."
Amener ces jeunes désinsérés à retrouver une certaine dignité par le travail est le principe du Jaricot. "Vous comprenez, ces jeunes, il faudrait qu'ils travaillent huit heures par jour s'ils voulaient avoir un boulot dans une entreprise, mais ils ne peuvent pas travailler huit heures par jour, ils ne peuvent pas quand ils arrivent. Ici, s'ils travaillent une heure, je les paye une heure, s'ils travaillent trois heures je les paye trois heures." Un jour, Cédric avait gagné cinq cents francs en travaillant à la construction d'un pont au-dessus du canal qui jouxte le Jaricot. Il est venu les demander à Madame Ninine, et lui a dit qu'avec ses cinq cents francs il voulait s'acheter des Nike. "Comment, tu as travaillé tout ce temps pour t'acheter des Nike? Tu ne crois pas que tu pourrais mieux les utiliser, tes cinq cents francs?" Rien à faire, Cédric voulait ses Nike. "C'était son argent après tout. Il est allé s'acheter ses Nike, et quand il est revenu j'ai compris. Il avait toujours eu des problèmes avec les filles, il n'osait pas les approcher, et là il était fier, il s'est mis à leur parler. Une semaine plus tard, il avait une copine. Et puis sa copine a beaucoup insisté pour qu'il trouve un travail à l'extérieur et un logement en ville, et c'est ce qu'il a fait."
Madame Ninine ne suit qu'un seul repère: son bon sens, sa volonté de réinsérer les jeunes. Elle n'a jamais aucun principe rigide qui ne puisse être remis en question si le bon sens l'exige. Au début, elle ne voulait pas qu'il y ait des filles. "Dès qu'il y avait une fille, ça créait des problèmes, des bagarres." Mais maintenant, les tensions semblent apaisées, et certains jeunes font venir leur copine sans que ça pose de problème. Madame Ninine laisse faire: elle a compris que c'était souvent grâce à leur copine que les jeunes retrouvaient l'envie d'avoir un vrai travail et de se réinsérer.

Maisons, ping-pong et autogestion

Maintenant, le Jaricot est parsemé de petites maisons en ciment. Les jeunes viennent de finir de construire le pont auquel a travaillé Cédric et s'apprêtent à nettoyer le canal et à aménager un espace floral tout autour. De l'autre côté du pont, Madame Ninine prévoit d'ouvrir une friperie qui sera tenue par les jeunes. "Pour le moment presque personne ne veut les faire travailler à l'extérieur. Les gens ne leur font pas confiance parce qu'ils ont été toxicomanes ou qu'ils ont fait des bêtises. Alors je dois les faire travailler ici. Mais ¡a commence un peu quand même. Certaines personnes nous ont donné des chaises à réparer. Et puis il va y avoir la friperie aussi."
Les pensionnaires du Jaricot ne sont pas tous des crackers. Certains sortent de prison, d'autres de l'hôpital psychiatrique, originaires de l'île ou jeunes métros paumés venus aux Antilles en quête d'aventure. Les faire cohabiter n'était pas simple. Au début, les frictions dégénéraient parfois en scènes de violence, notamment entre Blancs et Noirs. "Heureusement, un voisin nous a donné une table de ping-pong. Les Noirs ne savaient pas jouer, alors les Blancs leur ont appris. Ils ont fait des matches et ça a changé leurs relations." La table de ping-pong a joué son rôle ; maintenant, elle en joue un autre: elle est devenue table à manger. Dans la cuisine, les jeunes préparent le repas à tour de rôle. Il n'y a pas de personnel pour s'occuper d'eux, tout est autogéré. Seule, Madame Ninine veille sur eux, mais espère bien que son mari, qui pratique la pêche, emmènera régulièrement ses pensionnaires sur son petit bateau dès qu'il aura pris sa retraite. Tout fonctionne ainsi chez Madame Ninine, qui trouve toujours des solutions avec les moyens du bord, sans jamais céder au découragement ou à la lassitude. Au début, elle n'avait aucune aide d'aucune sorte. Elle était seule avec ces jeunes au passé plus que difficile. C'est sa générosité, son bon sens et son charisme qui l'ont immédiatement fait respecter par ces jeunes, qui maintenant sont prêts à tout pour la protéger et protéger leur havre. Evidemment, c'est de sa poche qu'elle sortait l'argent qui servait à payer le travail des pensionnaires. Le financement du centre devenait de plus en plus précaire. Lorsque les services de la DDASS ont eu vent du Jaricot, ils en ont exigé la fermeture immédiate : établissement non-conforme aux règles des établissements d'accueil. C'est parce que, alerté par le préfet, le directeur de la DDASS est venu voir sur place le Jaricot, et qu'il a tout de suite compris à quel point cet établissement répondait, tel qu'il était, à un besoin immense, qu'il a annulé cette décision. Depuis, le Jaricot est subventionné par la DDASS, ce qui lui permet de continuer à vivre et à évoluer.

Madame Ninine entreprend. Seule, sans moyens au départ, peu importe. Ensuite, il y aura bien des solutions. Les autres suivront, ils comprendront.

* nom donné aux allocations familiales

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