Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 19

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Dossier VHC

Manque d'enquêtes et d'information

par France Lert

L'infection par le VHC est devenue beaucoup plus tardivement que le VIH une préoccupation de santé publique: l'identification du virus, la disponibilité de tests de dépistage, la mise en place d'un programme national de santé publique datent respectivement de 1989, 1990 et 1999. Des notions relatives au VHC n'ont été introduites qu'en 1997 dans les brochures ou affiches officielles destinées aux usagers de drogue. Ils constituent la catégorie de population la plus vulnérable à cause de la prévalence de l'infection parmi eux, de la permanence des contextes d'exposition, de l'efficacité de la transmission du virus y compris par des contacts indirects. Cette situation conduit à des contaminations précoces dans les carrières des injecteurs: des études réalisées à l'étranger ont montré que les taux de prévalence pouvaient atteindre 70% après deux ans d'injection. Même des pays qui ont su contenir la diffusion de l'infection VIH dans cette population ont des taux de prévalence élevés. Les chiffres avancés tendent souvent à surestimer les prévalences déjà très élevées que l'on observe en France dans les différentes enquêtes. Comme pour le VIH, il n'existe pas en France d'enquête de prévalence basée sur des tests, la plupart reposant sur la déclaration des individus. L'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) dans son dernier rapport donne une fourchette de 31% à 81% basée sur des enquêtes de qualité inégale menées entre 1995 et 1998 auprès de populations recrutées et interrogées dans des conditions très différentes. A noter qu'un taux de 67% est observé à Toulouse dans la seule étude menée sur la base de tests salivaires et non sur la déclaration, mais en 1996. Pourtant, les données de l'enquête menée auprès des usagers fréquentant les programmes bas seuil en France laissent penser que là, comme pour le VIH, les usagers de drogue se montrent particulièrement capables de s'approprier des informations utiles à leur protection. On observe que, chez les usagers ayant, en 1998, moins de 3 ans d'injection et 27,5 ans, 38% sont infectés par le VHC. C'est énorme … mais presque moitié moins que les chiffres qui sont habituellement évoqués. Connaître et diffuser ces chiffres c'est encourager les acteurs de prévention et soutenir les usagers dans leurs efforts pour prévenir la diffusion de l'infection à VHC. Informés, armés de matériel d'injection facilement accessible, testés dans de bonnes conditions, les injecteurs sont capables de réduire leur risque.