Santé
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SWAPS nº 18

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Editorial n° 18

par Gilles Pialoux

Qui d’entre nous, attachés que nous sommes à la réduction des risques, miserait un kopeck sur l’efficacité d’une mesure prohibitionniste en matière de psychotropes ? Prenons l’exemple du Rohypnol®, molécule hypnotique âgée de 27 ans dont les "qualités" reconnues par bien des usagers de drogues illégales doivent bien plus à sa relative incompatibilité avec l’absorption d’alcool qu’à ses propriétés d’aide à l’endormissement...Jusque là détournés de leur fonction première, les psychotropes sont régulièrement l’objet d’interdiction, de réduction de posologie ou de mode de délivrance (c’est le cas de feu le Rohypnol® 2 mg aujourd’hui introuvable). Interdire ou déplacer le problème: tel est globalement la question en filigrane du dossier que consacre cette dernière livraison de SWAPS à une pétition forte de 700 signataires s’affichant ouvertement contre la poursuite d’une commercialisation de cette molécule. Avec des avis d’experts, signataires ou non de la dite pétition (voir l'article "Petite histoire d'un détournement"). SWAPS entend aussi ouvrir d’autres dossiers difficiles tels que les rapports houleux sur le front de la toxicomanie entre secret de l’instruction et secret médical (voir l'article "Instruction et secret médical") et entre santé publique et ordre public ou sur les échanges entre psychanalyse et usages de drogues (voir l'article "Une critique de la pensée prohibitionniste"). C’est dire si SWAPS a le goût du danger, éditorial il s’entend.