Santé
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SWAPS nº 15

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Edito n°20

par Gilles Pialoux

Fausse sécurité pour l’usager ou bien outil d’information et de réduction des risques? Telle est l’importante question qui apparaît en filigrane du dossier que consacre Swaps, dans cette première livraison du Millénaire, au "testing". Une technique pharmaco-chimique simple dans son principe -discerner la MDMA constituant de l’ecstasy des autres produits associés, issus de la phamacopée et vendus comme tel- très en vogue dans les rave et que développe actuellement la mission Rave de Médecins du monde (voir page 10 l’interview de Grégoire Sérikoff). Le débat semblait initialement s’engluer autour du satisfecit délivré, à tort compte tenu de la toxicité intrinsèque du produit, à l’ecstasy dès lors que le testing ne montrait pas d’autres produits de coupe. D’où la polémique déjà récurrente: faut-il oui ou non rendre à l’usager les résultats détaillés du testing?

Si la pratique n’a toujours pas de cadre légal, il semble bien, à la lecture de notre dossier, que le testing peut relever plus de la prévention sanitaire que du simple service après-vente ou d’un prétendu contrôle de qualité. Parce que le "testing" peut s’inscrire dans une politique globale de réduction des risques et permettre, in situ, de transmetre un certain nombre de messages de prévention tant vis-à-vis de l’ecstasy que des polyconsommations. Reste à déterminer si les expériences pilotes menées çà et là peuvent prétendre à constituer un observatoire qualitatif des produits. Charge qui incombe jusque-là aux usagers et ... aux services de police.

Gilles PIALOUX