Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 12

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Edito n°12

par Marie Jauffret et France Lert

Peu d'enthousiasme à la tribune, peu de questions dans la salle, peu de discussions dans les couloirs, la Xe Conférence de Genève sur la réduction des risques (21-25 mars 1999) (voir notre dossier p 8.) a donné le sentiment d'une installation de la réduction des risques voire d'une entrée dans une phase d'institutionnalisation. Une institutionnalisation qui, cependant, ne concerne pas tous les pays au regard de la situation qui prévaut aux Etats-Unis, dans les ex-pays de l'Est, des pays en voie de développement ou de certains pays européens comme la Finlande.

Chaque année, la tonalité de la conférence s’ajuste au contexte de chaque pays qui l’accueille, sous la férule des fondateurs britanniques du mouvement et de quelques comparses australiens ou américains. Ainsi, à Genève, la conférence a fait une large place aux usagers à côté des ténors du mouvement, donnant à la conférence un ton délibérément militant, inscrivant le mouvement de la réduction des risques dans une stratégie où il s’agit de transformer d’abord la prise en charge médico-sociale de l’usage des drogues pour s’attaquer plus largement à la prohibition. Comme le suggérait Nadelman lors du colloque Triville en 1993, " le modèle de la santé publique qui veut une baisse de la morbidité et de la mortalité, [fournit] un sorte de ligne idéologique neutre et des paramètres pour élaborer des mesures dans le cadre de la politique de la drogue ".

Le mérite de cette conférence a été de montrer la diversité des actions en matière de réduction des risques même si parfois le format des interventions n’a pas toujours mis en valeur l'ampleur de certaines actions entreprises sur le terrain. Mais n’est-ce pas trop souvent la règle de ce type de conférences?

Marie Jauffret, France Lert