Santé
Réduction des Risques
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SWAPS nº 12

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Brèves

BREVES... de comptoir

Orientation nouvelle pour les centres de soins spécialisés ...

Le 5 novembre 1998, le ministre de l'emploi et de la solidarité a fixé les orientations relatives à la révision des projets thérapeutiques des Centres Spécialisés de Soins aux Toxicomanes (CSST). Le maître-mot de cette circulaire (N°98-659) réside dans l’" adaptation de la structure à la personne " (d'une torride originalité!). Elle prévoit d'assouplir les conditions d'admission et de séjour dans les postcures en les inscrivant dans un travail en réseau, tant médical pour les patients bénéficiant de traitements médicamenteux, que social pour favoriser la réinsertion à la sortie.

La Direction générale de la santé incite les centres à " s'intéresser à une approche globale des pratiques addictives ". Trois axes de travail ont déjà été identifiés : " développer une fonction de pôle-ressource ", (en particulier avec les médecins généralistes) ; " prendre en compte les co-morbidités psychiatriques " (en liaison avec les équipes de secteur) ; " prendre en compte les polytoxicomanies et les nouveaux modes de consommation ". A ce propos, la circulaire précise : " une partie de la population des moins de 20 ans présente des comportements de consommation qui se caractérisent principalement par une consommation toxicomaniaque d'alcool, d'ecstasy, au cours de soirées rave licites et illicites...".

Une collaboration avec les alcoologues est souhaitable conformément aux nouvelles orientations de la MILDT ".

Lutte contre l’alcoolisme

Le Haut comité de la santé publique (HCSP) s’est fixé parmi les objectifs prioritaires de l’an 2000 de réduire de 20 % la mortalité liée à l’alcoolisme et de ramener la consommation moyenne par an de boissons alcoolisés par adulte de plus de 15 ans à 11,3 litres contre 15,6 en 1996. La tâche s’annonce rude. En effet, d’après l’Institut de recherches scientifiques sur les boissons, près de 5 millions de personnes en France sont actuellement exposées par leur consommation d’alcool à des difficultés d’ordre médical, psychologique et social. Par ailleurs, près de deux millions de personnes sont alcoolo-dépendantes. Le coût global de cette pathologie s’élèverait d’après la DGS et la direction des hôpitaux à 80 milliards par an. Un tiers des accidents de circulation sont imputables à l’alcoolisme selon le dernier bilan des accidents mortels de la route (17 mars). Par ailleurs, l’alcool reste impliqué dans 20 % des accidents domestiques, 15 % des accidents du travail, 5 % des accidents du sport et 80 % des rixes, des bagarres et des violences familiales.

Les 12-18 ans et l’alcool

Le Comité français d’éducation à la santé constate quant à lui une reprise significative de la consommation d’alcool chez les jeunes depuis 1991. Ainsi, le pourcentage d’abstinents serait passé chez les 12-18 ans de 53 % en 1991 à 35 % en 1995 et celui des buveurs occasionnels de 40 à 60 %. En outre, le CFES note un doublement de la proportion de jeunes consommateurs d’alcool forts (de 25 à 47 %).

L’épiscopat à la rescousse de la MILDT

Dans un document élaboré par sa commission sociale le 12 mars dernier : Problèmes d’alcool, Eglise et société (ed Centurion, Cerf, et Fleurus-Mame, 201 p, 95 F), l’épiscopat français n’hésite pas à qualifier l’alcool de " drogue dure " et à dénoncer les complicités commerciales et politiques dont bénéficient la vente et la publicité de l’alcool ainsi que les carences en matière de prévention, éducation et traitement. Probablement emportée par sa propre audace, ladite commission renchérit, par la voix de son président Mgr Olivier de Berranger, évêque de Saint-Denis, en des termes que ne contesteraient nullement le Pr Roques et le comité de rédaction de Swaps : " Pourquoi l’opinion publique percoit-elle si mal combien l’alcool consommé longtemps et à fortes doses est un toxique notoirement plus dangereux que le cannabis, numériquement plus destructeur que l’héroïne et plus lourd de conséquences que le tabac ? " Le document souligne en conclusion la nécessité de donner aux associations des moyens réels de prévention et de réinsertion.

Les experts confirment

Dans un rapport publié mercredi 17 mars, " Les personnes en difficultés avec l’alcool " (éditions CFES, 296, pages, 95 francs), les professeurs Philippe-Jean Parquet et Michel Reynaud dénoncent l’état lamentable des dispositifs de prévention et de soins aux alcooliques. Alors que les centres d’hygiène alimentaire et d’alcoologie (CHAA), structures spécifiques de prise en charge du problème, ne soignent que 88 000 personnes par an (2 à 4 % de la population des personnes connaissant des problèmes avec l’alcool) " les acteurs non spécifiques (qui voient plus de 95 % des personnes en difficulté avec l’alcool) se limitent à traiter les complications somatiques ou psychiatriques de l’alcoolodépendance et ne savent pas organiser un véritable projet de soins alcoologiques efficace, poursuivi et évalué ".Toujours d’après le rapport, alors qu’une étude de prévalence en médecine générale a mis en évidence qu’un patient adulte sur cinq présente un risque ou une pathologie liée à son alcoolisation, les médecins généralistes, à l’heure actuelle, envoient en moyenne un patient tous les dix ans dans un CHAA. Quelques propositions sont avancées pour pallier cette faillite de la prise en charge : l’information du public sur les usages à risques et la consommation nocive ; la formation des médecins, des travailleurs sociaux au repérage et à la prise en charge des buveurs abusifs ; l’élaboration d’actions en direction des jeunes de moins de 15 ans notamment par l’intégration d’un programme d’éducation pour la santé dans l’éducation nationale ; mise en place d’un réseau de soins en alcoologie (un par département) regroupant les acteurs concernés et doté de moyens financiers adéquats.

Publication

Au sommaire du n°2 du Courrier des Addictions, on trouvera notamment : un Entretien avec le Pr Roger Henrion autour de la nouvelle politique de prise en charge des addictions et plus particulièrement des enseignements qu'il faut tirer de la dernière conférence de consensus sur le sevrage des alcoolodépendants ;

une synthèse de l'équipe du Pr Samuel Lajeunesse sur le caractère addictif ou non des comportements alimentaires ; deux Focus de France Lert et Patrick Beauverie, l’un sur les traitements de substitution et les consommations de Subutex®, l’autre sur les consommations de codéinés dans la région parisienne et leur place dans le dispositif de réduction des risques.

Deux articles En Pratique, respectivement sur les cancers de la bouche (chez les toxicomanes notamment) par Fabien Cohen et sur le traitement de la douleur chez les héroïnomanes par le Dr Jacques Bouchez.

Une Cultures du Dr Robert Berthelier, en forme de polémique, sur l'ethnopsychiatrie.

Des nombreuses Actualités sur le tabac, le tabagisme, les prises en charge des tabaco-dépendants, les nouveaux livres et films qui parlent d'addiction, les congrès, les formations...

Le Courrier des Addictions . DaTeBe, 62/64, rue Jean Jaurès, 92800 Puteaux. Tel: 01 41 45 80 00

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