Santé
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SWAPS nº 11

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Edito n°11

par Michel Gandilhon et Gilles Pialoux

En France, le point d’équilibre en matière de débat sur les usages de drogues et les politiques de réduction des risques n’est pas encore atteint. Agité d’un mouvement quasi brownien, le débat voit régulièrement des poussées de fièvre idéologique réduire à néant toute idée de consensus. Même sur les points essentiels qui devraient être fédérateurs de la substitution et de la prévention du risque VIH/VHC.

Swaps (voir n°8) s’est ainsi récemment fait l’écho du retour en force du "tout-sevrage" et de son inévitable corollaire: "la substitution est un deal médicalisé, sevrons-les!"

Dans le même esprit d’information, au moment où se développe une polémique sur le rôle prétendument néfaste des traitements de substitution (de la buprénorphine notamment), nous ouvrons le dossier (pp 9 à 14) sur la question de la mortalité et des effets pervers d’une substitution détournée.

Les querelles franco-françaises pourraient apparaître dérisoires si elles n’étaient pas le creuset de l’immobilisme politique en matière de drogues. A l’heure de la construction européenne, Swaps s’en est allé voir du côté de la Suisse (p.2), ce "petit pays" auprès duquel les comportements si français se révèlent totalement surannés. "Petit pays" qui a su depuis 10 ans - tous partis politiques confondus- forger une politique de réduction des risques conséquente et évaluée tout en dégageant des lignes budgétaires adaptées, en informant et en consultant régulièrement la population. La Suisse peut se targuer, en outre, d’être un des rares pays où les programmes de prescription d’héroïne se développent depuis 1994 pour une frange minoritaire et marginalisée des usagers de drogues. Sans que cela ne suscite la moindre agitation ou excommunion...Swaps tenait à en rendre compte.

MICHEL GANDILHON ET GILLES PIALOUX