Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 11

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Brèves

En Bref... n°11

PRODUITS

Survector : suite et fin

Dans son numéro 9 d’octobre 1998, Swaps publiait un article sur le Survector® où E. Malapert et M. Mounier exposaient certaines des caractéristiques pharmacologiques et cliniques de cet antidépresseur et les risques, liés à ses effets indésirables, de sa prescription pour les patients, et tout particulièrement pour les sujets toxicomanes. Il apparaît aujourd’hui que Swaps avait, là, quelque peu anticipé sur l’actualité. En effet, dans un courrier diffusé fin décembre 1998, les laboratoires Servier annonçait leur décision de suspendre la commercialisation du Survector ® du fait de l’existence de " surconsommation avec des difficultés de sevrage chez les patients pharmacodépendants ". Depuis le 31 janvier 1999, le produit n’est plus vendu en pharmacie, mais reste disponible en pharmacie hospitalière jusqu’à la fin de l’année 1999 dans la seule indication de sevrage difficile.

Ecstasy et antiprotéases

En mars 1997, la publication Aids Treatment Update avait mis en évidence la responsabilité possible de l’interaction entre l’inhibiteur de protéase Ritonavir et l’ecstasy dans le décès d’un raver (Swaps n° 4). Le Lancet du 28 novembre dernier confirme l’hypothèse après le décès d’un jeune homme de 34 ans atteint du sida. Consommateur régulier d’ecstasy, ce dernier a succombé après avoir absorbé deux cachets d’ecstasy (180 mg de MDMA environ). Son traitement antiviral venait d’être complété par un inhibiteur de protéase : le Ritonavir. Le taux très élevé de MDMA retrouvé dans son sang — plus de 4 mg par litre soit une dose correspondant à l’absorption d’une vingtaine de comprimés — au regard des deux cachets absorbés s’expliquerait par l’action de l’antiprotéase, laquelle inhiberait l’isoenzyme responsable de la métabolisation du MDMA et augmenterait ainsi les doses sanguines de cette molécules.

Cyrano et le cannabis

Une étude transversale portant sur l’ensemble des domaines affectés par les problèmes de sécurité sanitaire a été réalisée par la promotion 1997/1998 " Cyrano de Bergerac " de l’ENA. L’un des 11 volumes de cette étude est consacré aux risques comportementaux, tabac, alcool et drogues illicites. Concernant le cannabis, il y est notamment recommandé de supprimer le délit d’usage illicite du cannabis et de le remplacer par une contravention de la classe maximale (5e classe). Cette recommandation est justifiée dans le rapport à la fois pour tenir compte du faible risque sanitaire et de la banalisation de la consommation du cannabis mais aussi pour la prévention du risque pour autrui (incitation à la consommation, conduite en état d’ivresse cannabique, etc.).

ANNONCES

Internautes

Un groupe de jeunes femmes du Foyer International de Travailleuses de Paris vient de créer, avec le concours de la Société Efficience Multimédia et de l’association FIRST, un site internet Jeunes et Prévention des toxicomanies (http://www.first.asso.fr). L’objectif de ce site est d’" aider les jeunes à élaborer leur propre discours sur la prévention des toxicomanies, de façon à développer chez eux de nouveaux comportements positifs, constructifs et valorisants, liés à un travail de réflexion individuel et collectif sur leurs questionnements — études de cas permettant d’identifier les comportements à risques, les facteurs de risques personnels de la toxicomanie — qui, fourniront le contenu des pages WEB sur le site Jeunes ".

Les collégiens de l’AP-HP

Le collège des intervenants, structure destinée à conseiller la direction de l’AP-HP et les autorités de tutelle sur les recherches cliniques et les stratégies à suivre dans la prise en charge des usagers de drogues, crée il y a un an, vient d’élire un bureau chargé d’assurer la coordination de ses activités. Elu par les intervenants en toxicomanie de l’AP-HP, celui-ci est composé de Jean Dugarin, Isabelle Ferrand (centre Casini), William Lowenstein (Monte-Cristo) et Jean Sannanès (Bichat). Ce groupe travaille avec la mission sida-toxicomanie soins aux détenus de l’AP-HP. Un colloque destiné à faire le point après une année d’existence sera organisé en juin 1999.

INTERNATIONAL

Guerre a la DRogues & chiffres US

Malgré la surenchère répressive et la guerre à la drogue sans merci, la consommation des drogues ne cesse d'augmenter aux Etats-Unis :

22 % des jeunes lycéens américains ont fumé de la marijuana. 32,9 % des plus de 12 ans en ont fumé (contre 15,6 % en Hollande selon le Central Bureau of Statistics). L'usage du crack et de la cocaïne est en augmentation. NIDA (National Institute of Drug Abuse) 24e rapport - Reuter.

5,1 % des Américains ont fumé récemment de la marijuana. SAMSHA

124 mères consommatrices de crack donnent naissance chaque jour à des " Crackbabies ". NIDA

5,5 % des femmes enceintes consomment des drogues illégales aux USA. NIDA

240 mères ont été condamnées depuis 1985 pour avoir consommé des drogues ou de l'alcool durant leur grossesse malgré l'opposition des spécialistes. NIDA

81 % des sociétés de marketing obligent leurs employés à faire des tests anti-drogue. Les " drugtesting " sur le lieu de travail a augmenté de 277 % depuis 1987. NIDA

2,1 % des jeunes adultes américains auraient déjà consommé de l'héroïne. Pediatrics (12/98)

4 millions d'américains consomment des drogues dures mais la moitié seulement ont accès à un traitement. Les USA consacrent un budget de 16 milliards de dollars à la " Guerre à la drogue " dont un tiers aux traitement et à la prévention. La plupart des spécialistes estiment que cet ordre devrait être inversé. Washington Post (8/11/98)

Interdiction des programmes d'échange de seringues dans le New Jersey.

" L'expérience montre que l'usage des drogues doit être découragé par tous les moyens " affirme Mrs Whittman, gouverneur du New Jersey (qui a récupéré nombre d'usagers de drogues après le " nettoyage " de New York). L'attorney général PG Verniero déclare quant à lui : " Le meilleur moyen pour arrêter la drogue est la conversion au christianisme ! " Républicains tous deux, ils sont fanatiquement opposés aux Programmes d'Échange de Seringues et, après avoir fait supprimer leurs subventions, ils ont fait arrêter plusieurs membres de ces programmes, affirmant que ceux-ci distillent un message pernicieux à la population.

Tous les grands organismes spécialisés américains (NIDA, NIH…) ont pourtant démontré l'importance des Programmes d'Echange de Seringues (PES) dans la diminution de la contamination du VIH, du VHC & VHB. New York Times (2/2/99)