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n°129 - Automne 06

 


Counseling et dépistage prénatal chez les femmes : enjeux de prévention au sein du couple

 

Mélanie Heard

PISTES

 








 

 

Le dépistage des femmes enceintes étant une porte d’entrée tant pour la prévention de la transmission mère-enfant que pour la prévention au sein du couple, un poster d’Hermann Brou (groupe Ditrame Plus ANRS 1201/1202/1253) évaluait pourquoi et comment des femmes testées pour le VIH à Abidjan parlent, ou non, de leur statut sérologique avec leur partenaire régulier ; un poster d’Armande Sanou (ANRS 1271/1289) explorait également les déterminants de ce dialogue chez des femmes enceintes dépistées à Bobo Dioulasso.
Dans l’étude Ditrame Plus à Abidjan, 546 femmes séropositives et 393 femmes séronégatives, suivies pendant 18 mois après l’accouchement, ont été interrogées sur la façon dont elles avaient abordé la question du VIH, avant et après leur dépistage, au sein de leur couple. Le dépistage anténatal a facilité le dialogue sur les risques sexuels au sein du couple : la proportion de femmes déclarant en avoir parlé passait de 65% à 96% chez les femmes séronégatives, et de 29% à 63% chez les femmes séropositives.
Si 97% des femmes séronégatives avaient parlé de leur statut avec leur partenaire, cette proportion tombait à 46% pour les femmes séropositives. La probabilité pour que l’homme fasse alors lui-même un test de dépistage augmentait lorsqu’il était informé du résultat pour sa partenaire (OR = 7,35 [3,09 ; 17,48]). L’usage du préservatif augmentait considérablement lorsqu’il y avait un dialogue au sein du couple sur les risques sexuels (OR = 5,97 [1,63 ; 21,92]), mais il concernait moins d’un couple sur deux, même parmi les couples sérodiscordants.
L’équipe d’Armande Sanou à Bobo-Dioulasso (ANRS 1271/1289) a également évalué comment les femmes dépistées à l’occasion d’une grossesse communiquaient sur le VIH avec leur partenaire. Sur 6149 femmes ayant reçu un counseling, 83% ont accepté le test et 76,5% sont venues chercher leur résultat. Parmi les femmes qui ont refusé, 44% invoquaient leur inquiétude quant à la réaction de leur partenaire. Presque toutes les femmes séronégatives (96%) exprimaient leur intention de parler de leur résultat avec un ami ou de la famille ; cette proposition tombait à 67% chez les femmes séropositives. Seules 56% des femmes séropositives se déclaraient prêtes à informer leur partenaire de leur résultat. L’analyse révèle que l’intention de parler du résultat avec son partenaire était corrélée avec un niveau d’étude élevé (P < 0,01), mais la corrélation disparaissait chez les femmes séropositives ; il n’y avait pas d’association entre l’intention d’en parler et le fait de vivre ou non avec son partenaire.
Parmi les 210 femmes suivies, 95 avaient révélé leur statut à leur partenaire, soit 45%. Trois femmes ont été abandonnées après avoir informé leur partenaire du résultat du test. Parmi les partenaires informés, 76% ont accepté d’être testés, dont 54% étaient séropositifs.



Brou H. et al., "Prenatal counseling and testing of women, notification to male partner and sexual prevention among couples in Africa",
TUPE0775
Sanou A. et al., "Willingness of pregant women to be tested for HIV and to disclose their HIV-test result in Bobo-Dioulasso, Burkina Faso",
MOPE0781