TranscriptaseRevue critique
de l'actualité scientifique internationale
sur le VIH
et les virus des hépatites

   
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n°120 - février/mars 05

 


Edito n°120

 

Gilles Pialoux


 








 

 

Avec, au bas mot, 1% de la population française et 2,5% de la population mondiale concernés, l’hépatite C est une réalité épidémiologique indiscutable. Une réalité qui suit une dynamique en certains points superposable à celle du VIH, et qui explose notamment chez les usagers de drogues en grande précarité d’Europe centrale et orientale.
"Classiquement", il est admis que l’hépatite C n’est pas une infection sexuellement transmissible...! Et les discours de prévention à l’égard des couples sérodiscordants pour le VHC se veulent, dans l’ensemble, rassurants - mais néanmoins hétérogènes selon que l’intervenant est infectiologue, hépatologue, ou acteur associatif.
Tout aussi "classiquement", il est acquis que l’infection à VHC est compliquée et aggravée par la présence du VIH. Une situation de coinfection qui concerne un séropositif pour le VIH sur trois en Europe, comme cela a été montré lors de la première conférence européenne de consensus sur ce thème, qui s’est tenue à Paris les 1er et 2 mars.
Mais ces deux "classiques" de l’infection à VHC ont connu un coup de projecteur particulier tout récemment. Plusieurs hôpitaux parisiens ont en effet donné l’alerte à l’InVS en raison d’un nombre anormalement élevé d’hépatites C aiguës rapportées chez des homosexuels séropositifs. S’il ne saurait être question de réelle épidémie, cette alerte soulève néanmoins bien des interrogations. C’est aussi l’occasion de comparer deux modèles de transmission, et de confronter les discours de prévention qu’ils sous-tendent: ceux du VIH, et ceux du VHC. Les questions posées sont nombreuses... Sont-ce les modifications de pratiques sexuelles sous couvert de la prévention du VIH qui conduisent à un accroissement du risque VHC ? Ou bien y a-t-il une évolution de la pathogénicité du VHC dans certaines populations aux pratiques sexuelles plus agressives ? L’accroissement des cas d’hépatites C aiguës chez les personnes atteintes par le VIH correspond-il à une modification des pratiques, ou à un accroissement du dépistage ?
Autant d’interrogations, actuellement encore sans réponse, qui nous ont semblé justifier un dossier spécial au sein de cette 120e livraison de Transcriptases (voir l'article : "Hépatite C aiguë chez le patient infecté par le VIH : quel traitement ?"). Sans compter que ce numéro est aussi l’occasion de faire le point sur la prise en charge des coinfections VIH-VHC (voir l'article : "Coinfection VIH et hépatites : un état des lieux"), ou d’interroger les pistes de traitements des patients atteints par le VHC non répondeurs (voir l'article : "La trithérapie, une solution pour les patients atteints d’hépatite C chronique non répondeurs ?" ).
Mais l’actualité, c’est aussi la réouverture d’un débat sur le dépistage systématique du VIH, avec la publication de deux études coût-efficacité, dont la presse généraliste s’est fait l’écho, et sur lesquelles Transcriptases se devait de se pencher (voir l'article : "Coût-efficacité du dépistage systématiquement proposé").