TranscriptaseRevue critique
de l'actualité scientifique internationale
sur le VIH
et les virus des hépatites

   
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n°119 - décembre/janvier 2005

 


Edito n°119

 

Gilles Pialoux


 








 

 

Le débat est ancien mais la question est d’actualité : le traitement post-exposition au VIH est-il coût-efficace ? A fortiori, lorsqu’il s’agit d’une exposition "non professionnelle", sous-entendu sexuelle ou par voie intraveineuse. L’évaluation économique d’une décision de santé – individuelle ou publique – est en effet le thème central de plusieurs articles de cette dernière livraison de Transcriptases. Que cette évaluation soit mesurée en unité monétaire (coût-bénéfice) ou en QALY*s (voir "Coût-efficacité d’un traitement post-exposition non professionnelle au VIH") pour ce qui est, précisément, du rapport coût-utilité, la question pose elle-même question. L’auteur américain dont la production scientifique est ici analysée et critiquée livre en effet quelques chiffres venus de San Francisco : coût d’une contamination VIH évitée après un rapport vaginal insertif : 93857143 dollars ! Alors même que la seule intervention de prévention centrée sur le visionnage d’une cassette vidéo abaisse le coût du cas évité à 18841 dollars. La comparaison est pourtant aberrante puisque les deux interventions apparaissent en fait complémentaires. Comme il serait d’ailleurs aberrant de comparer ces données au coût d’une contamination évitée par le dépistage génomique de tous les dons du sang en France comme aux Etats-Unis : 140 millions de dollars par cas pour 1 cas de VIH et 12 millions de dollars pour 1 cas de VHC ! (voir l’article de Sophie Chamaret, "Efficacité et rendement des tests d’amplification génique").
Néanmoins, l’expérience de San Francisco sur les programmes de traitement post-exposition est par bien des aspects riche d’enseignements. Rappelant avant tout qu’il n’y a pas de dépistage et de traitement "préventif" sans counseling et même sans éducation thérapeutique ; que les études coût-efficacité ne sont pas là pour combler les déficits budgétaires. Et que, toutes précautions éditoriales prises, cette expérience de traitement post-exposition au VIH est globalement... coût-efficace. Quand elle n’est pas coût-économe.

* Quality Adjusted Life Year