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n°115 - avril/mai 04

 


Réponse immunitaire spécifique chez des enfants sous antirétroviraux

 

Yves Rivière


 






Presence of HIV-1-specific CD4 and CD8 immune responses in children with full or partial virus suppression
Papasavvas E., Sandberg J. K., Rutstein R. et al.
J. Infect. Dis., 2003, 188, 873-82

 

L'étude de Papasavvas et coll. présentée dans JID étudie les réponses immunitaires T spécifiques du VIH-1 chez 48enfants traités par des combinaisons d'antirétroviraux avec un contrôle virologique efficace (<40 copies/ml), partiel (<50000 copies/ml), ou sans contrôle de leur charge virale. La fréquence des différentes sous-populations de lymphocytes est analysée en cytométrie de flux. La prolifération (index de stimulation) et la production d'interféron gamma par les lymphocytes CD4 et CD8 (Elispot) sont utilisées pour évaluer les réponses cellulaires.
L'âge moyen des patients étudiés est plus élevé que dans l'étude de Resino et coll. présentée dans l'article "Multithérapie chez des enfants naifs de tout traitement" (dans ce numéro Transcriptases 115) (9,5 à 12 ans selon les groupes). Les 48 enfants étudiés ont été regroupés en quatre groupes selon l'efficacité, pour une durée supérieure à six mois, du traitement antirétroviral sur la charge virale, sur le stade clinique, et sur le degré d'immunosuppression. Dans un premier groupe ont été réunis les enfants traités dont la charge virale était indétectable et dont le nombre et le pourcentage de lymphocytes CD4 étaient stables (n=24) ; les enfants traités avec une charge virale partiellement contrôlée et un nombre et un pourcentage de CD4 stables (n=7) formaient un deuxième groupe ; les enfants dont la charge virale n'était pas contrôlée et dont le nombre et le pourcentage de CD4 étaient en décroissance formaient un troisième groupe (n=15). Le quatrième groupe, rassemblant les enfants non traités avec taux de lymphocytes CD4 stable et contrôle partiel de la charge virale, n'a pas été inclus dans l'analyse entre les groupes compte tenu de son effectif réduit (n=2).
Chez les enfants sans contrôle de la virémie avec des taux de lymphocytes CD4 faibles ou en décroissance, on observait une augmentation du pourcentage des sous-populations de lymphocytes activés (CD8+ CD38+) et mémoires (CD8+ CD45RO+CD45RA-), et une diminution du pourcentage des CD8+ CD28+.
Chez les enfants traités avec un taux de lymphocytes CD4 stable et un contrôle partiel ou total de la charge virale, les réponses prolifératives des lymphocytes auxiliaires spécifiques de l'antigène gag p24 étaient augmentées.
L'analyse globale de tous les patients montrait une corrélation positive entre la réponse proliférative des lymphocytes CD4 et le nombre ou le pourcentage de CD4, et une corrélation négative entre la réponse proliférative des lymphocytes CD4 et la charge virale. Il n'y avait pas de différence entre les différents groupes d'enfants dans la fréquence des lymphocytes CD4 produisant de l'interféron gamma, ce qui montre une dissociation entre la réponse proliférative et la sécrétion d'interféron gamma par les lymphocytes CD4.
A l'inverse, chez les enfants traités avec une charge virale non contrôlée et un taux de CD4 en décroissance, des pourcentages plus élevés de lymphocytes CD8 spécifiques du virus produisant de l'interféron gamma étaient notés.
En résumé, chez les enfants traités par une multithérapie antirétrovirale, une augmentation des réponses prolifératives des lymphocytes auxiliaires, et une diminution des sous-populations de lymphocytes CD8 activés sont corrélées avec un taux de lymphocytes CD4 stable en présence d'une efficacité totale ou partielle du traitement sur la charge virale. On observe une corrélation positive entre la prolifération des lymphocytes CD4 et le nombre ou le pourcentage de CD4, et une corrélation négative entre la prolifération des lymphocytes CD4 et la charge virale. La réponse proliférative et la sécrétion d'interféron gamma par les lymphocytes CD4 sont dissociées.