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n°115 - avril/mai 04

 


Multithérapie chez des enfants naïfs de tout traitement

 

Yves Rivière


 






Viral load and CD4+ and T lymphocyte response to highly active antiretroviral therapy in HIV-1-infected children : an observational study
Resino S., Bellon J. M., Gurbindo D. et al.
Clin. Infect. Dis., 2003, 37, 9, 1216-25

 

L'article de Resino et coll. paru dans CID présente une étude observationnelle portant sur une centaine d'enfants infectés par le VIH-1 par transmission maternofoetale, et traités en première intention par une combinaison d'antirétroviraux incluant deux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) et un antiprotéase (IP) ou un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (INNTI).
L'âge moyen des enfants était de 6,9 ans. Ils étaient répartis en trois groupes correspondant aux stades A, B et C de la maladie définis par le Center for Disease Control. 45% des enfants avaient moins de 15% de CD4, et 30% plus de 25% de CD4. La combinaison d'antirétroviraux a été modifiée en cours de traitement pour la moitié des patients (changement d'INTI).
La stabilité du pourcentage des lymphocytes CD4 et celle du contrôle de la charge virale ont été étudiées après deux ans de traitement.
La durée médiane nécessaire pour observer une augmentation de 10% du pourcentage des lymphocytes CD4 était de onze mois, et de six mois pour avoir une charge virale indétectable (inférieure à 400 copies/ml).
A la fin de l'étude, 64% des enfants (n=61) avaient une charge virale indétectable.
Les trois quarts des enfants ayant une virémie initiale supérieure à 4000 copies/ml avaient réduit leur charge virale d'un facteur 10, et 38% de ceux ayant une virémie initiale élevée (supérieure à 40000 copies/ml) avaient réduit leur charge virale d'un facteur 100.
La plupart des 61 enfants pour lesquels la virémie a pu être contrôlée avaient une charge virale initiale faible, n'avaient pas reçu de traitement antirétroviral (INTI) au préalable, ou n'avaient pas eu de changement de combinaison d'antirétroviraux en cours de traitement. Dans ce groupe, 58 enfants ont été étudiés trois mois au moins après le contrôle de leur virémie. Des rebonds de la charge virale ont été observés avec des valeurs supérieures à 4000 copies/ml pour 48,2% d'entre eux, supérieures à 1000 pour 63,7%, et supérieures à 500 pour 68,9%. Les facteurs associés à ces rebonds étaient une charge virale initiale élevée et un faible nombre de lymphocytes CD8.
Le pourcentage de patients qui ont arrêté leur traitement antirétroviral de première intention était supérieur à 60% dans le cas d'un traitement avec ritonavir, saquinavir ou indinavir, de l'ordre de 30% avec amprénavir et de 15% avec nelfinavir.
Soixante-quatorze enfants qui ont eu un changement de traitement ont été étudiés dans une sous-étude. Le facteur le plus important pour l'efficacité virologique de ce traitement de deuxième intention était le niveau de la charge virale initiale au début du deuxième traitement.
En résumé, l'étude de Resino et coll. confirme une plus grande efficacité des traitements antirétroviraux multiples chez des enfants naïfs de tout traitement. Le temps nécessaire pour obtenir un contrôle de la charge virale est comparable à celui observé chez l'adulte.