TranscriptaseRevue critique
de l'actualité scientifique internationale
sur le VIH
et les virus des hépatites

   
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n°113 - décembre/janvier 04

 


Edito n° 113

 

Gilles Pialoux, Abdon Goudjo









 

 

La 6e Conférence communautaire des personnes vivant avec le VIH, qui vient de se tenir à Dakar, permet de mesurer le chemin parcouru ces derniers mois par le très ambitieux "3 by 5" (traiter 3 millions de personnes d'ici 2005). Et ce, au moment même où l'Onusida confirme - s'il le fallait - l'absence de contrôle mondial de la pandémie : 46 millions de personnes vivant avec le VIH/sida, 5 millions de nouvelles infections en 2003 et 3 millions de décès. Le tout, faut-il le rappeler, dans une situation Nord-Sud qui laisse encore, en dépit des initiatives publiques ou privées récentes, 90% de la population séropositive hors du champ des stratégies thérapeutiques.
La Conférence de Dakar a d'ailleurs été une occasion de souligner les nécessaires spécificités desdites stratégies dans les pays du Sud : combinaisons en prise unique, DOT (Directly Observed Therapy), dispensation par des auxiliaires de santé formés à la prise en charge globale du VIH, suivi biologique par des techniques adaptées de mesure des CD4, etc. (voir l'article d'Alioune Blondin Diop).
L'occasion de rappeler que le débat n'est pas seulement technique, mais aussi et surtout politique. Sous l'image emblématique de la Conférence évoquant l'écoute et le partage à l'ombre du baobab, Jeanne Kouamé, s'exprimant au nom des personnes vivant avec le VIH, a mis en cause la responsabilité des chefs d'Etat dans la lutte contre la pandémie. Et de dénoncer "une certaine indifférence et parfois même un mépris pour l'accompagnement médical, institutionnel et familial, car évoluant loin des malades du sida". Souvent, a-t-elle déploré, "les bâilleurs de fonds confient leur argent aux institutions, et les institutions restent en décalage par rapport aux réalités communautaires". L'attente d'un accès réel, gratuit et massif aux antirétroviraux est le fil conducteur de l'actualité des conférences africaines. Le message, notamment communautaire, est clair : "3 by 5", Esther, Fonds mondial, Bill Gates... ou autres initiatives, peu importe !
L'essentiel est d'agir vite, efficacement, humainement, politiquement dans ce sens. "No excuse for delay".