TranscriptaseRevue critique
de l'actualité scientifique internationale
sur le VIH
et les virus des hépatites

   
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n°108 - mai-juin 03

 


Edito n° 108

 

Abdon Goudjo

Crips / Pistes (Paris)

 








 

 

Vingt ans après la découverte du VIH, quelque 5000 experts venus de 120 pays se réunissent à Paris du 13 au 16 juilllet, à l'occasion de la seconde conférence de l'International AIDS Society (IAS), organisée conjointement avec l'Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS). Avec pour objectif de faire partager les données scientifiques sur la maladie et le virus, afin de traduire concrètement les dernières avancées sur les recherches et les traitements en nouvelles stratégies thérapeutiques. Cependant, l'essentiel des personnes vivant avec le VIH/sida dans le monde, n'ont toujours pas accès aux traitements antirétroviraux. Sur les 200000 personnes recevant des multithérapies efficaces dans les PED, 100000 résident au Brésil et environ 35000 à 40000 en Afrique subsaharienne.
Y a-t-il un modeste espoir de voir changer cet état des lieux ?
En juillet 2003, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme,en serra à son deuxième anniversaire. Avec un budget d'à peine 2 milliards de dollars fin 2002 contre les 10 milliards annuels initialement prévus. Aujourd'hui, les caisses sont vides ou presque. Il ne reste que 200 millions de dollars à distribuer pour le 3e round d'appel à projets qui vient de s'achever.
Entre l'anniversaire des vingt ans de la découverte du virus du sida et le deuxième anniversaire du Fonds mondial, la question de l'adéquation des moyens face aux déclarations de bonnes intentions se pose.
L'engagement récent, à l'ouverture du G8 d'Evian, des Américains à hauteur de 5 milliards de dollars sur cinq ans et de la France à hauteur de 150 millions d'euros par an (contre 50 millions auparavant), suivis par l'Italie, le Royaume-Uni et la Communauté européenne, laisse espérer une pérennisation du Fonds.
Ainsi, il semblerait que la montée d'espoir mêlée de colère des associations engagées dans la lutte contre le VIH/sida qui se sont retrouvées dans un collectif "Sida urgence G8" en France et un collectif international "Fund the fund", ait porté quelques peu son effet. Cette vague de pression des associations face aux grands de ce monde s'inscrit dans une démarche où tout semble encore possible pour infléchir les politiques des pays les plus riches. Reste qu'en l'absence d'un accord sur les copies de médicaments, des millions de malades continueront à payer des trithérapies au prix fort (jusqu'à cinq fois plus cher que la version générique).
TranscriptaseS ne reste pas insensible aux désordres du monde qui interfèrent dans le transfert des avancées scientifiques du Nord vers le Sud. Nous restons confiants, mais vigilants pour que ces initiatives aient une traduction dans les pays du sud. Tel est notre engagement.