TranscriptaseRevue critique
de l'actualité scientifique internationale
sur le VIH
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n°106 - janvier-mars 03

 


Le rapport Delfraissy

 

Isabelle Célérier

(Pistes)

 








 

 

vu de France...

Pascale Leclercq, médecin hospitalier, Grenoble
"Je m'en sers pour moi et autour de moi, comme de guidelines. Quand j'enseigne, j'ai, par exemple, pour principe de dire qu'on n'est pas obligé de suivre ces recommandations mais que si on ne le fait pas, il faut avoir une bonne raison. Il est, par ailleurs, réactualisé régulièrement, ce qui permet de rester informé des évolutions. La présentation est bien faite, c'est un outil pratique. Enfin, sur les différents thèmes sur lesquels je ne travaille pas, il me permet également d'avoir de bonnes bases. Tous nos attachés vivent un peu avec."

Un médecin de réseau, Paris
"Je ne l'ai pas lu, ni le Dormont d'ailleurs. Je n'ai plus d'activité hospitalière, mais je vais une fois par mois aux réunions à l'hôpital et je travaille beaucoup avec les hospitaliers, ce qui me suffit. Ça me permet de rester informée. Je ne veux pas devenir spécialiste du VIH et c'est d'ailleurs pour cela que j'ai créé un réseau.
Ce genre de rapports, autant je m'en suis beaucoup servi dans les premières années, autant là... Mais pour un enfant ou un problème de résistance, peut-être que j'irais y regarder et que je m'en servirais."

Bernard Cardon, généraliste, Paris
"Il est très utile, même mieux fait que d'habitude, et va dans le bon sens pour tout un tas de recommandations, ce qui change un peu des autres. C'est plus une assurance qu'un guide, il me conforte dans mes idées. On a tous des idées préconçues et on aime ne pas les avoir tout seul. Sinon, je pense que l'on fait malgré tout à peu près tous la même chose. Je m'en sers aussi pour les patients à qui je le montre régulièrement, qui en sont très contents - d'ailleurs, certains l'achètent.
Dans certains domaines, on en revient aux recommandations d'il y a dix ans, ce qui montre que le bon sens est enfin revenu. Il est notamment très bien pour les traitements de première intention et les bithérapies car il y a encore beaucoup de gens sous bithérapie. Sur des sujets comme les femmes enceintes ou les effets secondaires, que je ne maîtrise pas beaucoup, je ne sais pas s'il manque des choses, mais j'en suis globablement satisfait."

Philippe Jaury, généraliste, Paris
"Le dernier que j'ai vu date de 2000 ! Il n'est donc pas utile puisque je ne l'ai pas reçu ni d'ailleurs le réseau Rive Gauche auquel j'appartiens. Il n'apparaît pas non plus sur le site Internet du ministère...
Sinon, généralement, j'aime ses points forts. On sait qu'on l'a et si quelque chose nous intéresse, on regarde. Il nous tient, par exemple, au courant sur les tests de résistance, quand débuter un traitement... C'est un peu comme une conférence de consensus et c'est intéressant pour cela. Je le lis rapidement, je retiens ce qui m'intéresse et je sais que je l'ai au cas où. Mais quand je me pose des questions, je prends d'abord mon téléphone pour appeler les confrères. J'appartiens à un réseau ville-hôpital, et quand il y a une conférence internationale, on bénéficie toujours de debriefings faits par des spécialistes sur des points importants. Et puis aujourd'hui, grâce à Internet...
Ce genre de rapport, c'est bien surtout pour les points forts. Après, pour les détails, on peut toujours aller voir. Mais il n'est pas diffusé !

... et d'Afrique

Hakima Himmich, professeur au CHU Ibn Rochd, Casablanca (Maroc)
"Le rapport Delfraissy est pour nous une référence. Il nous permet de connaître les standards français auxquels nous essayons, dans la mesure du possible, de nous conformer. Nous le citons dans nos cours ou nos présentations et nous le consultons régulièrement pour vérifier l'intérêt de telle ou telle prescription. J'ai également trouvé intéressants certains nouveaux chapitres comme celui sur l'observance."

Nicolas Durier, MSF, projet HIV/trithérapie, Chiradzulu (Malawi)
"Eh bien oui, même en cet endroit reculé du monde, le rapport sert de temps à autres, comme, par exemple, récemment, pour trouver des éléments solides en vue de préciser notre protocole de traitement des femmes enceintes par trithérapie. Ou encore, dans les jours à venir, la revue des paragraphes sur les cancers (lymphomes, cancers pulmonaires et génitaux), en vue d'un additif que je dois faire sur le protocole national malawite sur les antirétroviraux."

Kadidiatou Gouro, Niamey (Niger)
"Dans notre documentation, nous n'avons pas le rapport Delfraissy. Ceci dit, le contenu cadre bien avec les objectifs de notre ONG. Sans nul doute serait-il très utile pour notre bibliothèque."

Ernestine Gwet-Bell, clinique Odyssée, Douala (Cameroun)
"Je n'ai pas la totalité du rapport Delfraissy, mais ce que j'ai pu en retenir est le fait de retarder le plus possible la mise sous ARV quand la clinique le permet.
Dans notre pratique, au Cameroun, nous avions dès le départ retenu comme un des critères de démarrage de traitement un taux de CD4 inférieur à 200 quand le patient est en bon état général pour différentes raisons (économiques, observance...). Nous avons donc beaucoup apprécié cette nouvelle recommandation, car le fait d'avoir des arguments scientifiques percutants pour ce choix nous conforte dans notre position.
J'ai également suivi la gestion des résistances, des échecs thérapeutiques et la simplification des traitements par la prise des nouvelles molécules... Face aux résistances dejà observées dans notre pratique (on parle de 17%), nous ne disposons pas de nouvelles molécules autres que le générique de trithérapie Triomune, peu cher (150 FF) et donc très demandé. Mais nous observons des prises de poids exagérées avec ce produit.
Pour ce qui est des "fenêtres thérapeutiques", nous essayons de les éviter car nous avons de gros problèmes d'observance, les patients arrêtant souvent leur traitement pour s'essayer aux traitements traditionnels et autres vaccinations. Nous n'encourageons donc pas les pauses thérapeutiques."

Samia Lounnas, programme Onusida, Alger (Algérie)
"Je serais très heureuse de vous adresser mes commentaires sur l'intérêt du Rapport Delfraissy en Algérie si celui-ci avait été diffusé aux praticiens algériens. Je suis persuadée que de telles recommandations seraient très utiles en Algérie. Comme vous devez le savoir, tous nos cliniciens ont été formés en France ou suivent le modèle français, et bien évidemment tous les protocoles recommandés en France."

Youssouf Joseph Drabo, professeur, Ouagadougou (Burkina Faso)
"Le rapport Delfraissy a toujours constitué pour nous un référentiel que nous consultons régulièrement. Bien entendu, tous les aspects ne sont pas adaptés à notre contexte de travail, mais c'est pour nous un outil de base. Nous avons d'ailleurs au Burkina constitué un groupe de travail qui a également formulé des recommandations inspirées de celles de l'Organisation mondiale de la santé et du rapport Delfraissy."