TranscriptaseRevue critique
de l'actualité scientifique internationale
sur le VIH
et les virus des hépatites

   
Recherche dans les archives Transcriptases avec google.
Les archives contiennent les articles parus dans les N° 1 à 137.
Les articles des n° 138 et suivants sont publiés sur www.vih.org

n°102 - juillet-août 02


LE POINT SUR...

Coinfection VIH/VHC : perspectives thérapeutiques

Stanislas Pol
Unité d'hépatologie et Inserm U370, Hôpital Necker (Paris)








En raison des modes de transmission communs, la coinfection est fréquente puisqu'environ un tiers des patients infectés par le VIH ont des anticorps anti-VHC1. Les démarches diagnostiques et les indications thérapeutiques chez les sujets coinfectés ne diffèrent pas de celles de la population infectée par le VHC et non infectée par le VIH. Cependant, des nuances, qui renforcent l'indication de la prise en charge de l'infection virale C chez le coinfecté, tiennent principalement aux impacts réciproques entre le VHC et le VIH. Les impacts réciproques négatifs des infections VHC et VIH justifient l'évaluation de l'hépatopathie par la biopsie hépatique (ou par les tests sérologiques de la fibrose en cours de validation) afin de décider de traitements éventuels. La démarche thérapeutique prendra en compte les situations de sévérité respectives du VIH et du VHC afin de préciser l'ordre de priorité des traitements anti-VHC et anti-VIH, successif ou simultané.

Pourquoi traiter ?

L'ensemble des données de la littérature2 justifient que l'infection virale C soit dépistée chez les sujets infectés par le VIH par un test Elisa et une PCR (en cas de négativité du test sérologique et de facteur de risque parentéral ou d'hypertransaminasémie en l'absence de risque). Une recherche positive de l'infection virale conduira à la réalisation d'une biopsie hépatique (ou à la réalisation d'un test biochimique d'évaluation de la fibrose en cours de validation) qui seule permettra d'évaluer l'activité nécrotico-inflammatoire de l'hépatopathie et la fibrose et donc de poser les indications thérapeutiques éventuelles. Selon la situation immunitaire du patient et l'impact histologique de son infection virale C, la priorité entre le traitement du VIH et du VHC sera discutée : l'espoir de guérison de l'infection virale C, le risque d'hépatotoxicité des antirétroviraux et d'hépatite de restauration immunitaire justifient que, lorsque la situation immunologique l'autorise, le traitement anti-VHC soit réalisé avant celui du VIH.

Comment traiter ? La bithérapie interféron-ribavirine

L'interféron alpha a été jusqu'en 1995 le seul traitement de l'hépatite chronique C avec une efficacité durable de l'ordre de 5 à 30%. La réponse à l'interféron est significativement associée à une virémie et une hétérogénéité génomique faibles, à un génotype autre que 1 ou 4 (2 et 3) et à l'absence de cirrhose3, facteurs minoritairement observés chez les sujets infectés par le VIH4. En cas de coinfection, une efficacité antivirale durable de l'interféron alpha en monothérapie était décrite chez 2 à 20% des patients traités5-13 ; elle était associée à un taux de CD4>500/mm3 et une charge virale VHC<1 million de copies par ml et, dans certaines études, ne semblait pas modulée par l'infection VIH associée.
Le pourcentage d'arrêt prématuré variait de 11 à 48%. Une diminution des CD4 était classiquement observée8,9,13 ; elle pouvait parfois dépasser 20% du chiffre pré-thérapeutique et entraîner des complications infectieuses graves10,13. La charge virale VIH n'était que peu modifiée par l'interféron12,13.
Ces études ont été réalisées avant l'apparition des traitements antirétroviraux hautement efficaces, et on ne peut exclure que ces traitements, en améliorant l'immunité, ne modifient le pourcentage de réponse virologique durable.

Résultats la bithérapie interféron-ribavirine chez le sujet immunocompétent

Le traitement recommandé de l'hépatite C jusqu'en avril 2001 consistait en une bithérapie par interféron alpha (3 millions d'unités trois fois par semaine) et ribavirine (800 à 1200 mg/j en fonction du poids corporel) pour une durée de 6 à 12 mois en fonction de différents facteurs prédictifs de réponse principalement virologiques (génotype non 1, charge virale < 800000 UI/ml, voire hétérogénéité génomique faible) mais aussi liés à l'hôte (absence de cirrhose, âge jeune, sexe féminin). Il permettait d'obtenir une réponse complète soutenue (normalisation des transaminases et négativation de la recherche de l'ARN du VHC par PCR 6 mois après l'arrêt du traitement) dans environ 40% des cas14-16.
La Conférence européenne de consensus sur le VHC recommandait en 1999 que la bithérapie soit prescrite pour 6 mois en cas d'infection par un génotype 2 ou 3, quelle que soit la charge virale pré-thérapeutique (environ 65% de chances d'éradication virale durable) ou en cas d'infection par un génotype 1 et une charge virale pré-thérapeutique faible (environ 35% de chances d'éradication virale durable) ; en cas d'infection par un génotype 1 et une charge virale préthérapeutique élevée, le traitement était recommandé pour 12 mois (environ 30% de chances d'éradication virale durable)17. Il a été aussi suggéré que la bithérapie soit effectuée 6 mois s'il existait au moins trois critères de bonne réponse et 12 mois s'il en existait moins de trois18.
La nouvelle présentation de l'interféron alpha dans sa forme retard (interféron pégylé permettant une injection sous-cutanée par semaine de 1,5 mg/kg pour l'interféron alpha 2b ou de 180 mg pour l'interféron alpha 2a) en association avec la ribavirine à une dose minimale de 10,6 mg/kg/j pendant 48 semaines permet d'augmenter la réponse soutenue de 40 à environ 55% chez des patients naïfs de traitement antérieur ; le bénéfice est supérieur à celui de la bithérapie standard uniquement chez les patients infectés par un génotype 1 (42 versus 33%) mais le confort est supérieur19. La combinaison d'interféron pégylé et de ribavirine est devenue en avril 2001 le traitement de référence de l'hépatite chronique C.

Résultats de la bithérapie interféron-ribavirine chez le sujet coinfecté VIH-VHC

Quelques études pilotes de la bithérapie chez le sujet coinfecté VIH-VHC ont été publiées à ce jour pour les sujets naïfs20-23 ou rechuteurs-non répondeurs24, mais la plupart concernent encore des résumés (figure 1), de faibles effectifs de patients (environ 20 et ne dépassant pas 60), souvent peu immunodéprimés. Bien qu'il soit difficile de tirer des conclusions définitives sur le pourcentage de réponse à long terme, on considérera que chez les sujets naïfs de tout traitement, le taux est en moyenne de 28% avec des écarts d'environ 10% pour les génotypes 1 à 40% pour les génotypes 3 ; chez les non répondeurs (ou rechuteurs) à une monothérapie par interféron alpha, le taux est d'environ 17% de réponse prolongée à la bithérapie24.
La réponse virologique en fin de traitement et la réponse soutenue 6 mois après la fin du traitement sont donc globalement inférieures d'un facteur 2 à celles observées chez l'immunocompétent, même si aucune étude présentée sous forme d'article n'a, jusqu'à présent, comparé ces réponses chez des sujets mono- ou coinfectés, contrairement à ce qui avait été fait pour la monothérapie par interféron. Notons cependant que dans certaines études le nombre de cirrhoses est supérieur à 50% 22,24 et que le génotype 1 est le plus fréquent (53 à 70%), pouvant partiellement expliquer les résultats médiocres.
Plusieurs protocoles multicentriques utilisant l'interféron pégylé et la ribavirine chez des patients coinfectés par le VHC et le VIH sont en cours ; ils permettront de mieux cerner la tolérance, l'efficacité et les critères prédictifs de réponse. L'un d'entre eux, le protocole Ribavic HC02 de l'ANRS, a inclus environ 425 patients coinfectés et compare la bithérapie standard à la bithérapie pégylée. Les données d'efficacité sont trop préliminaires pour tirer des conclusions définitives mais suggèrent, comme l'étude ACTG récemment rapportée à la CROI (figures 2 et 3) :
- une supériorité de la combinaison pégylée sur la combinaison standard chez les sujets infectés par un génotype 1 ;
- une efficacité antivirale probablement 2 fois moindre à celle observée en monothérapie ;
- une tolérance comparable entre les 2 schémas thérapeutiques.
La combinaison ribavirine/interféron pégylé, tant pour des raisons d'efficacité que de tolérance, va probablement devenir le traitement de référence de l'hépatite C des patients coinfectés VIH-VHC.

Figure 3. Résultats préliminaires du traitement par la combinaison ribavirine-
interféron standard ou pégylé de l'hépatite chronique C des patients coinfectés
VIH-VHC (protocole américain du groupe ACTG)

Evaluation à 24 semaines (n = 133)

interféron pégylé
(Pegasys®)
180 microg

interféron alpha
(Ropheron®)
6 MU 12 semaines (3x/sem)
puis 3 MU 36 semaines

+ ribavirine (Rebetol®)
600-1 000 mg/j

% PCR négative
dont génotype 1
et génotypes 2-3

% d'index d'activité de l'hépatite

% d'effets secondaires sévères

40
33
80

53

17

15 (p = 0,0003)
7
40

37

4

Tolérance de la bithérapie interféron-ribavirine chez le sujet coinfecté VIH-VHC

La crainte principale sur la tolérance de la bithérapie concernait la tolérance hématologique d'une part, et notamment le risque de diminution des index immunitaires, et le risque d'interférence médicamenteuse d'autre part, notamment entre la ribavirine et les analogues nucléosidiques antirétroviraux.

Tolérance générale
La plupart des études publiées détaillent peu les effets secondaires associés au traitement antiviral C, mais ils ne sont globalement pas différents de ceux observés chez les sujets monoinfectés par le VHC. La tolérance générale est marquée par des effets secondaires neuro-psychiques, pseudo-grippaux20-22,24 ou à type de prurit ou de toux22.
L'anémie dose-dépendante liée à la ribavirine ne pose pas plus de problème chez les coinfectés que chez les monoinfectés, malgré l'usage fréquent de traitements cytopéniants, incluant la zidovudine (AZT, Rétrovir®)20,21,24 ; elle est réversible après diminution des doses ou après usage d'érythropoïetine. L'impact de la bithérapie sur les lignées blanches (neutrophiles et lymphocytes) et plaquettaires reste modeste et comparable que la bithérapie utilise l'interféron standard ou pégylé.
Les effets secondaires généraux ne sont donc pas différents de ceux observés chez les monoinfectés par le VHC, mais ils se rajoutent à ceux du traitement antirétroviral. Cela explique que la tolérance du traitement soit généralement plus difficile chez les coinfectés et que la fréquence des arrêts thérapeutiques puisse être supérieure (de l'ordre de 5 à 39%, à comparer aux 10% par semestre de traitement chez les monoinfectés VHC)14-16 ; dans le protocole Ribavic, des effets indésirables graves ont été notés chez 67 des 361 premiers patients inclus, nécessitant 59 hospitalisations sans différence que le traitement soit l'interféron standard ou pégylé. Le traitement a dû être arrêté dans 89 cas (45 sous interféron standard et 44 sous interféron pégylé). L'analyse de tolérance doit prendre en compte non seulement les effets secondaires mais aussi la moindre efficacité thérapeutique. Il n'est en effet pas justifié de prolonger un traitement antiviral en cas d'effets secondaires si la virémie précoce (au 3e ou 6e mois de traitement) reste détectable.

Tolérance immunologiqueet interactions médicamenteuses
Une diminution du nombre absolu des CD4 durant le traitement a été initialement rapportée au cours de la monothérapie par interféron ; elle est fréquente (45 à 100/mm3) mais inconstante et sans changement du pourcentage de lymphocytes CD4 et du rapport CD4/CD8 et sans variation significative de la charge virale VIH. Il en est de même avec l'interféron pégylé, avec une diminution d'environ 20% du nombre de CD4 dans les 3 premiers mois de traitement ; en revanche, les espoirs d'une efficacité antirétrovirale ne se sont pas confirmés aux doses utilisées (1,5 mg/kg/semaine). Les CD4 retournent à leurs valeurs pré-thérapeutiques après arrêt du traitement anti-VHC et aucune infection opportuniste n'a été signalée.
Une possible diminution par la ribavirine de la phosphorylation de certains analogues nucléosidiques (stavudine ou zidovudine) a été montrée in vitro, faisant craindre une diminution de l'efficacité du traitement antirétroviral. Ceci n'a pas été rapporté in vivo, même si la réapparition de virémies détectables a été décrite : le traitement est donc réalisable sous réserve d'une nécessaire surveillance immunologique25.
A l'opposé, un effet synergique a été suggéré avec la didanosine (ddI). Cette synergie pourrait expliquer les cas de cytopathies mitochondriales décrits après l'introduction d'un traitement associant l'interféron et la ribavirine26,27 : tous les patients, dont ceux du protocole Ribavic (6 cas d'hyperlactatémies et 2 cas de pancréatites parmi les 361 premiers patients randomisés), ayant développé des hyperlactatémies asymptomatiques ou symptomatiques avec acidose lactique ou des pancréatites justifiant un arrêt thérapeutique recevaient un traitement antirétroviral incluant la ddI, pour 7 d'entre eux en association avec la stavudine (d4T). Dans tous les cas, les perturbations cliniques, l'hyperlactacidémie, la cholestase et l'hyperamylasémie ont régressé à l'arrêt de la ribavirine. Un test de réintroduction de l'interféron seul chez un malade suggère un rôle causal de la ribavirine dans la survenue des symptômes. Ceci justifie une surveillance mensuelle des CPK, des lactates et des enzymes pancréatiques chez les sujets coinfectés traités par des analogues nucléosidiques incluant la ddI chez lesquels la ribavirine est introduite.

Autres traitements et mesures thérapeutiques associées

Il est difficile de conclure sur l'efficacité des autres traitements proposés.
Une étude pilote de la combinaison interféron/amantadine par comparaison à l'interféron seul n'a montré de réponse virologique prolongée chez aucun des patients à l'un des deux traitements.
Deux petites séries de 6 et 12 patients traités par interleukine-2 ont donné des résultats contradictoires (baisse sans négativation de la virémie VHC dans l'une, et absence de modification de la virémie dans l'autre)28,29. Des protocoles à plus large échelle sont en cours de réalisation.
Dans les mesures thérapeutiques associées, il est nécessaire d'obtenir un sevrage effectif pour l'alcool qui est un cofacteur de progression de la maladie et de mauvaise observance thérapeutique.
La poursuite d'un usage de drogues actif n'est pas une contre-indication absolue au traitement antiviral mais limite les chances d'une observance satisfaisante, gage de l'efficacité thérapeutique, et justifiant des démarches de substitution. En cas de substitution par buprénorphine haut dosage (Subutex®) ou méthadone, il n'existe pas d'interaction connue entre ces deux molécules et le traitement anti-VHC. Il faut souligner que l'observance thérapeutique pour les antirétroviraux chez les patients substitués ne diffère pas dans les différentes études de celle des patients non substitués.

Buts du traitement antiviral C

Rappelons que, comme pour les personnes monoinfectées, l'objectif principal du traitement est l'obtention d'une guérison (traitement curatif) définie tout d'abord par :
- une éradication virale durable permettant l'arrêt de l'activité nécrotico-inflammatoire de l'hépatopathie ;
- l'arrêt de la progression de la fibrogenèse ;
- une prédominance des mécanismes de fibrolyse permettant un remodelage hépatique et un retour du foie à la normale30.
Un effet "suppressif" chez les patients ayant au moins une réponse biochimique complète (normalisation des transaminases) voire une réponse virologique partielle n'est pas exclu et peut justifier la poursuite du traitement.

Place de la transplantation hépatique

En cas de lésions hépatiques sévères, et notamment en cas de cirrhose active symptomatique, le traitement de l'hépatite C par interféron pégylé et ribavirine est justifié. Surtout, la politique concernant l'accès de ces patients à la transplantation hépatique doit être révisée : une réflexion est en cours à la demande de l'Etablissement français des greffes et un protocole de transplantation des patients coinfectés débute sous l'égide de l'ANRS. L'infection par le VIH ne constitue pas une contre-indication absolue à la transplantation hépatique : elle sera réservée aux cirrhotiques ayant les mêmes indications que celles des monoinfectés et surtout ayant une situation immunologique stable et contrôlée. Les résultats en sont encore incertains.

Qui et quand traiter ?
Selon la sévérité de l'hépatopathie

Le traitement sera principalement décidé en fonction des résultats biopsiques : en cas de maladie minime, une simple surveillance peut être proposée avec contrôle histologique tous les 3 ans pour ne pas méconnaître une détérioration histologique qui relèverait alors d'un traitement. Cependant, un génotype favorable (2 ou 3), une virémie VHC et VIH faibles, un taux de CD4 > 200/mm3 peuvent faire discuter un traitement quelle que soit l'histologie hépatique du fait des espoirs de guérison. En cas de maladie sévère, le traitement antiviral est justifié. Le traitement est d'autant plus justifié lorsque la maladie est sévère que l'infection par le VIH accroît significativement par rapport à la monoinfection VHC les risques de complications de la cirrhose (50% vs 14% à 2 ans, 70% vs 40% à 5 ans, p = 0,005, RR = 5,0) et de mortalité (21% vs 4,5% à 2 ans et 43% vs 12% à 5 ans, p = 0,032, RR = 2,4).

Selon les priorités virales C ou rétrovirales

Deux situations doivent être séparées selon que le sujet coinfecté reçoit ou non un traitement antirétroviral.

Patient coinfecté sans traitement antirétroviral
Si les patients sont naïfs de tout traitement antirétroviral (selon les recommandations du rapport 2001 du Pr Delfraissy, ce sont les patients ayant des CD4 > 350/mm3 et une charge virale VIH < 30000 copies/ml), l'évaluation complète de l'hépatopathie C devra être faite avant l'introduction du traitement antirétroviral et conduira à un traitement contre le VHC si les lésions histologiques de fibrose sont supérieures ou égales à 2 (ou si l'activité est supérieure ou égale à 2 lorsque la fibrose est à 1) en score Métavir. Cette priorité au traitement antiviral C permet d'espérer une meilleure observance et un meilleur contrôle virologique sur le VHC (faible immunodépression, tolérance clinique et biologique souvent meilleure et progression de la fibrose hépatique plus lente au stade d'immunodépression légère) ; surtout, elle évite les interactions médicamenteuses entre ribavirine et analogues nucléosidiques (cytopathie mitochondriale), la majoration de l'hépatotoxicité des antirétroviraux par l'hépatopathie sous-jacente en cas de guérison virologique et le risque d'hépatite de restauration immunitaire.

Patient coinfecté recevant un traitement antirétroviral
Si les patients reçoivent une multithérapie anti-VIH, la mise en route du traitement anti-VHC se fera sur la même base histologique, mais il faudra coupler à la surveillance classique du traitement de l'hépatite C (NFS bimensuelles dans les 2 premiers mois du traitement puis mensuelles, TSH trimestrielle) et du VIH (CD4 et charge virale possiblement mensuelles ?) un dosage mensuel des CPK, des lactates veineux et des enzymes pancréatiques, notamment au début de traitement.
Notons que l'immunodépression sévère (CD4 < 200/mm3) est un facteur de mauvaise réponse virologique (absence de réponse virologique soutenue chez les patients traités avec des CD4 < 200/mm3 dans notre expérience) et de mauvaise tolérance clinique et biologique chez des patients présentant une anorexie. Outre la limite de l'efficacité virologique dans ce sous-groupe de patients, l'effet lymphopéniant amène à rediscuter la reprise des prophylaxies primaires ou secondaires des infections opportunistes. Chez de tels patients, il est probablement justifié, en l'absence d'hépatopathie sévère, de privilégier le traitement antirétroviral et la restauration immunitaire avant d'envisager le traitement de l'hépatite C.
L'ensemble de ces éléments soulignent l'importance d'une prise en charge multi-disciplinaire incluant infectiologue ou immunologiste, hépatologue mais aussi médecin généraliste, psychiatre, alcoologue, assistante sociale, qui permettront une prise en charge optimisée où l'aide du milieu associatif pour le soutien et l'information au quotidien est réelle.



1 - Thélot B, Pialoux G, Delhommeau A et al.
"Epidémiologie hospitalière des patients coinfectés par le VIH et le VHC"
BEH, 2000, 39, 171-2
2 - Zylberberg H, Pol S
"Reciprocal interactions between human immunodeficiency virus and hepatitis C virus infections"
Clin Infect Dis, 1996, 23, 1117-25
3 - Nousbaum JP, Pol S, Nalpas B et al.
"Hepatitis C virus type 1b (II) infection in France and Italy"
Ann Intern Med, 1995, 122, 161-8
4 - Pol S, Zylberberg H, Fontaine H, Bréchot C
"Treatment of special populations"
J Hepatol, 1999, 31, 205-9
5 - Boyer N, Marcellin P, Degott C et al.
"Recombinant interferon-alpha for chronic hepatitis C in patients positive for antibody to HIV"
J Infect Dis, 1992, 165, 723-6
6 - Hayashi K, Fukuda Y, Nakano I et al.
"Poor response to interferon treatment for chronic hepatitis C in HIV-infected haemophiliacs"
Haemophilia, 2000, 6, 677-81
7 - Mauss S, Klinker H, Ulmer A et al.
"Response to treatment of chronic hepatitis C with interferon alpha in patients infected with HIV-1 is associated with higher CD4 + cell count"
Infection, 1998, 26, 16-9
8 - Soriano V, Garcia-Samaniego J, Bravo R et al.
"Interferon alpha for the treatment of chronic hepatitis C in patients infected with HIV"
Clin Infect Dis, 1996, 23, 585-91
9 - Soriano V, Bravo R, Garcia-Samaniego J et al.
"A pilot study on the efficacy of escalating dosage of alpha-interferon for chronic hepatitis C in HIV-infected patients. The Hepatitis/HIV Spanish Study Group"
J Infect, 1997, 35, 225-30
10 - Del Pozo MA, Arias JR, Pinilla J et al.
"Interferon alpha treatment of chronic hepatitis C in HIV-jnfected patients receiving zidovudine : efficacy, tolerance, and response related factors"
Hepato-gastroenterology, 1998, 45, 1695-1701
11 - Bruno R, Sacchi P, Filice C, Filice G
"Aggressive daily interferon therapy in HIV-HCV coinfected patients"
J Acquir Immune Defic Syndr, 2000, 25, 372-3
12 - Prestileo T, Mazzola G, Di Lorenzo F et al.
"Response-adjusted alpha-interferon therapy for chronic hepatitis C in HIV-infected patients"
Int J Antimicrob Agents, 2000, 16, 373-8
13 - Causse X, Payen J-L, Izopet J et al.
"Does HIV-infection influence the response of chronic hepatitis C to interferon treatment ? A French multicenter prospective study"
J Hepatol, 2000, 32, 1003-10
14 - Poynard T, Marcellin P, Lee SS et al.
" Randomized trial of interferon alfa-2b plus ribavirin for 48 weeks or for 24 weeks versus interferon alfa-2b plus placebo for 48 weeks for treatment of chronic infection with hepatitis C virus"
Lancet, 1998, 252, 1426-32
15 - Mc Hutchinson JG, Gordon SC, Schiff ER et al.
"Interferon alfa-2b alone or in combination with ribavirin as initial treatment for chronic hepatitis C"
N Engl J Med, 1998, 339, 1485-92
16 - Davis GL, Esteban-Mur R, Rustgi VK et al.
"Interferon alfa-2b alone or in combination with ribavirin for the treatment of relapse of chronic hepatitis C"
N Engl J Med, 1998, 339, 1493-9
17 - "Consensus statement. EASL International Consensus Conference on hepatitis C 26-27 February 1999, Paris, France"
J Hepatol, 1999, 31, 956-1
18 - Poynard T, McHutchison J, Goodman Z et al.
"Is an "a la carte" combination interferon alfa-2b plus ribavirin regimen possible for the first line treatment in patients with chronic hepatitis C ? The ALGOVIRC Project Group"
Hepatology, 2000, 31, 211-8
19 - Manns MP, Mc Hutchinson JG, Gordon SC et al.
"Peg interferon alfa-2b plus ribavirin compared with interferon alfa-2b plus ribavirin for initial treatment of chronic hepatitis C : a randomised trial"
Lancet, 2001, 358, 958-85
20 - Sauleda S, Juarez A, Esteban JI et al.
"Interferon and ribavirin combination therapy for chronic hepatitis C in HIV-infected patients with congenital coagulation disorders"
Hepatology, 2001, 34, 1035-40
21 - Perez-Olmeda M, Gonzalez J, Garcia-Samaniego J, et al.
"Interferon plus ribavirin in HIV-infected patients with chronic hepatitis C"
J Acquir Immune Defic Syndr, 1999, 22, 308-9
22 - Landau A, Batisse D, Piketty C et al.
"Long-term efficacy of combination therapy with interferon-alpha 2b and ribavirin for severe chronic hepatitis C in HIV-infected patients"
AIDS, 2001, 15, 2149-55
23 - Landau A, Batisse D, Van Huyen JP et al.
"Efficacy and safety of combination therapy with interferon-alpha 2b and ribavirin for chronic hepatitis C in HIV-infected patients"
AIDS, 2000, 14, 839-44
24 - Zylberberg H, Benhamou Y, Lagneaux J-L et al.
"Safety and efficacy of interferon-ribavirin combination therapy in HCV-HIV coinfected subjects : an early report"
Gut, 2000, 47, 694-7
25 - Landau A, Batisse D, Piketty C et al.
"Lack of interference between ribavirin and nucleosidic analogues in HIV/HCV co-infected individuals undergoing concomitant antiretroviral and anti-HCV combination therapy"
AIDS, 2000, 14, 1857-8
26 - Lafeuillade A, Hittinger G, Chapadaud S
"Increased mitochondrial toxicity with ribavirin in HIV/HCV coinfection"
Lancet, 2001, 357, 280-1
27 - Salmon-Ceron D, Chauvelot-Moachon L et al.
"Mitochondrial toxic effects and ribavirin"
Lancet, 2001, 357, 1803-4
28 - Uberti-Foppa C, De Bona A, Morsica G et al.
"Recombinant interleukin 2 for treatment of HIV reduces hepatitis C viral load in coinfected patients"
AIDS, 1999, 13, 140-1
29 - Valdez H, Metcalf JA, Gripshover BM et al.
"Effect of IL-2 therapy on plasma hepatitis C virus-RNA levels in HIV/hepatitis C virus co-infected patients"
AIDS, 2001, 15, 661-2
30 - Fontaine H, Chaix ML, Lagneau JL et al.
"Recovery from chronic hepatitis C in long-term responders to ribavirin plus interferon alfa"
Lancet, 2000, 356, 41