TranscriptaseRevue critique
de l'actualité scientifique internationale
sur le VIH
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n°100 - avril-mai 2002


Résister à l'AZT...

Jacques Leibowitch
unité d'immuno-virologie Hôpital Raymond Poincaré (Garches)








Dix ans après - décembre 1991-2001 -, invitation au commentaire d'un commentaire sur un sujet d'alors - résistance du VIH à l'AZT -, un sujet dont le monde des séropositifs, lancés trop tôt dans le vortex antirétroviral, n'aura bientôt plus vu les suites : s'il ne fût pas cause de l'échec de l'AZT (antiviral trop faible pour ce faire), le phénomène de sélection rétrovirale impartie de son usage prolongé aura produit ses séquelles "croisées , longtemps gênantes, y compris dans des trithérapies pourtant bien "neuves"...

De l'AZT à la résistance, la litote faisait dans le subliminaire, et VIH dans la résistance, tel le rêvé Papy... Résistant à la zidovudine, VIH-Ben Laden se voyait le génome endurci, en négation renversante des réductions molles dont on lui piquait le vif... La misère antivirale faisait pair à l'autre, l'indigence conceptuelle, et logistique : surtout PAS de charge virale pour juger d'effets thérapeutiques..., selon Hermine et Scholastique, deux éminences depuis consacrées par le PolitBüro... Ils glosaient... On était vaincu par la tempête... L'aigle rétroviral faisait baisser les têtes de nos états-majors pressés de grandes manœuvres, les leurs, sur la place et sur fonds, publics, les nôtres... Pincez-vous aussi à l'occasion de ces vidéos marketing faisant promotion jusqu'en 1993 et plus de : L'AZT, un vrai conte de fées... Pichenettes priapiques autour du totem mono (thérapique), en attendant le doux Godot de Delta, et ses bithérapies douces en effet, aux effets partout - par qui ? - aujourd'hui encore ressentis... "N'oubliez pas le Texte-Con, on ne savait pas, vous savez, il fallait des preuves, si ce n'est Scientifique, c'est pas Ethique..." Pour gagner quoi - pour qui ? -, quatre planches de bois et des clous ?

Hors médecins collaboratoires, ou les cathédralisant à l'ombre de la robe du (contre) Maître, qui pouvait avaler ce rata ? Pas ceux/celles à qui la charge virale infectieuse cellulaire était montrée... Con-Texte, novembre 1989, deux ans auparavant, déjà : données virologiques avant/sous AZT présentées dans un colloque à l'enseigne de Pasteur, devant un parterre de hauts responsables France-USA... Insoutenable légèreté du non-être antirétroviral : High turn-over rates among HIV infected blood cells in vivo revealed by treatment with nucleoside analogues... Ben oui, la charge virale infectieuse cellulaire faisait en temps réel la preuve de l'improbable monothérapeutique, à moins - vrai - que VIH n'ait pas été la cause du sida... Novembre 1989 : les fulgurantes demi-vies rétrovirales de Ho et Shawde nous éclaireront bientôt... Janvier 1995 : applaudissements (discrets)... Et chapeau (Docteur Mathez)... Au tango de la résistance comme au rugby, il faut être deux, au moins, l'un contre l'autre, et passées les 6 premières semaines où l'effet antiviral se mesurait vers -1 log, quand même, pour VIH face à l'AZT, la voie était ensuite quasiment libre, sauf si à force on réussissait à en distiller les espèces mutantes...

Décembre 1991, on devait pouvoir vouloir savoir, et s'attendre, se préparer, normalement, gentiment, à "... des prises de décision qui iraient... dans le sens... des polychimiothérapies... comme dans le traitement de l'infection à bacilles de Koch..." Le livre de haut bord de La Belle Concorde trace l'autre cap... N'a-Qu'un-Oeil Chef-pirate n'aimait que ses (vieux) canons, pas les (fameux) corsaires... Amen.

"Aujourd'hui la guerre est finie (...) et le vieux général..." serait mort, selon le Cheval de Prévert. Non, non, la bête est là... Tapie sous les meubles des tri/quadri thérapies... Mêmes causes (trop humaines) produisent mêmes effets (pervers) : déjà leurs sentiers de la gloire s'enflent d'ubuesques gonfalliques : défenses, immunités, vaccins thérapeutiques... Et voici VIH toujours pas achevé paré préparé de la belle résistance... Le pouvoir qui par nature a horreur de son vide renvoie déjà la faille, sa défaille, du côté l'Autre, ici l'idiot rétroviral qui, on le voit bien, ne fait que suivre, tel le conifère, le sporzoïte, ou le tripot m'asticote, les lois naturelles de ses, de leurs éco-circonstances... Sacrés rebelles, nos échecs à vacciner incomberont, soyez sûrs, à cézigue, pas aux ingénieurs-bétonneurs de l'Imaginot Immunitaire, la célèbre introuvée des infections à germes éco-chroniques... Et dans le Mais-Si du vaccin s'entend, déjà, le catéchisme... Le sida-désespoir est en passe de quitter nos continents, toujours incontinents, mais bien dotés sinon dorlotés. Reste le virus partout, et notablement mesdames zé-messieurs avec les deux tiers, trois quarts ou cinq sixièmes du monde, séropositifs tapis au tapis. A quand leurs polychimiothérapies ? Nos humanitaires en exception culturelle permanente sauront-ils les prémunir, un peu, des muses-sirènes de l'Immuno-Logologie ?